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Tresse d’étalon : 9 erreurs fréquentes qui abîment la crinière de votre cheval

La tresse d’étalon est aussi esthétique que pratique : elle dégage l’encolure, met en valeur la morphologie et évite que la crinière ne s’emmêle dans les rênes. Mais mal réalisée ou mal gérée, elle peut fragiliser, casser ou arracher les crins. De nombreuses mauvaises habitudes, parfois très répandues en club comme en écurie, abîment la crinière sans que l’on s’en rende compte.

Comprendre les enjeux d’une tresse d’étalon bien réalisée

Avant de détailler les erreurs à éviter, il est important de comprendre ce qui rend la crinière vulnérable. La tresse d’étalon concentre les tensions sur une bande de crins plus ou moins étroite. Si l’on ajoute à cela :

le risque de casse devient important. Le cheveu humain n’est déjà pas très tolérant aux tractions excessives ; il en va de même pour la crinière du cheval. La cuticule (couche externe du crin) se soulève, le crin devient rêche, puis casse. Sur le long terme, cela se traduit par :

Une tresse d’étalon doit donc être pensée comme un « équipement » à part entière, avec des règles de pose, de durée et d’entretien précises. Les neuf erreurs ci-dessous sont parmi les plus fréquentes et les plus dommageables.

9 erreurs fréquentes qui abîment la crinière avec une tresse d’étalon

1. Tresser sur une crinière sale ou mal démêlée

Tresser sur une crinière sale, pleine de poussière, de sueur ou de restes de produits, augmente les frottements entre les crins. Quand on serre la tresse, ces particules agissent comme un abrasif, un peu comme du papier de verre microscopique.

Les conséquences :

Avant de réaliser une tresse d’étalon, il est préférable de :

Évitez les démêlants très siliconés juste avant de tresser : ils rendent la crinière glissante, les brins tiennent moins bien, ce qui pousse à trop serrer la tresse pour compenser.

2. Serrer la tresse d’étalon beaucoup trop fort

Une erreur extrêmement fréquente consiste à tirer très fort sur chaque brin pour « que ça tienne mieux ». Sur le moment, le résultat paraît propre et net, mais la traction sur la racine des crins est énorme.

Conséquences possibles :

Une tresse d’étalon bien réalisée doit être :

Un bon repère pratique : si, en tirant doucement sur quelques crins isolés à la base de la tresse, le cheval réagit vivement (secoue la tête, recule), c’est probablement trop serré.

3. Laisser la tresse en place trop longtemps

La tresse d’étalon est souvent réalisée pour des concours, des présentations ou des séances photo. Mais certains cavaliers la laissent plusieurs jours, voire plusieurs semaines, par confort ou par habitude. C’est l’une des causes majeures de crinière abîmée.

Au-delà de 24 à 48 heures :

Les maréchaux-ferrants et ostéopathes équins constatent régulièrement des chevaux qui présentent de petites zones dégarnies sur l’encolure après des tresses laissées en place trop longtemps, en particulier chez les chevaux aux crins très fins (poneys, races ibériques, certains SF).

Bon réflexe :

4. Utiliser des élastiques inadaptés ou de mauvaise qualité

Les élastiques trop fins, trop rigides ou mal adaptés sont une source massive de casse. De nombreux cavaliers continuent d’employer des élastiques de bureau, parfois même des élastiques déjà utilisés et desséchés, qui cisaillent littéralement les crins.

Les problèmes principaux :

Il est préférable d’utiliser :

Lors du démontage, il est fortement recommandé d’utiliser un coupe-élastique adapté (petit crochet sécurisé) plutôt que de tirer sur la tresse, surtout si les élastiques sont très serrés.

5. Tresser systématiquement sur la même ligne de crinière

Certains cavaliers tracent toujours la tresse d’étalon exactement au même endroit, avec la même largeur et la même répartition de brins. Sur le long terme, cela sollicite toujours les mêmes crins, sur la même ligne, ce qui crée une « bande fragile » permanente.

Ce phénomène est similaire à la « traction alopecia » décrite en dermatologie humaine : la traction répétée sur les mêmes cheveux finit par affaiblir durablement les bulbes, la repousse devient plus rare et plus fine.

Pour limiter ce problème :

Chez les chevaux avec une crinière clairsemée, il peut être judicieux de limiter la tresse d’étalon aux occasions réellement nécessaires, plutôt que de l’utiliser comme « coiffure par défaut » au quotidien.

6. Négliger l’état de la crinière avant de tresser

Une tresse, même bien faite, ne peut pas compenser une crinière déjà fragilisée. Tresser sur des crins :

augmente fortement le risque de pertes massives de crins au cours des semaines suivantes.

Avant de mettre en place une tresse d’étalon de manière régulière, il est utile de :

Une fois par semaine au minimum, laisser la crinière complètement libre, brossée et légèrement nourrie (spray hydratant ou huile très légère) permet de préserver sa souplesse et sa résistance.

7. Tresser sur un cheval stressé ou qui bouge beaucoup

Le contexte dans lequel la tresse est réalisée joue un rôle inattendu mais important. Si le cheval est agité, appréhende le pansage ou a peur des manipulations au niveau de l’encolure, le cavalier aura tendance à :

À chaque mouvement mu par la peur ou l’impatience, des crins se coincent, se tordent ou se cassent. Sur le court terme, cela peut passer inaperçu, mais à force de répétitions, la crinière perd en densité.

Pour limiter ce type de dégâts :

Un cheval détendu, qui accepte le brossage de la crinière sans crispation, permet une tresse plus régulière, moins serrée, et donc plus respectueuse de l’intégrité des crins.

8. Démêler ou démonter la tresse de façon brutale

Beaucoup de dégâts surviennent non pas au moment où la tresse est en place, mais au moment où on la retire. Défaire une tresse d’étalon à la hâte, en tirant sur les brins ou en « déroulant » sans méthode, peut arracher des poignées entières de crins.

Les erreurs fréquentes :

Bon protocole pour retirer une tresse d’étalon :

Il est souvent plus efficace et plus doux de séparer d’abord grossièrement les mèches à la main, avant d’utiliser une brosse ou un peigne.

9. Ignorer la morphologie de l’encolure et la nature des crins

La tresse d’étalon ne convient pas de la même façon à tous les chevaux. La forme de l’encolure, l’épaisseur de la crinière, la texture des crins et même le mode de vie du cheval influencent le type de tresse et la manière de la mettre en place.

Quelques cas fréquents où la tresse classique peut être problématique :

Adapter la tresse au cheval :

Il peut être utile de tester différents styles de tresse et d’observer l’état de la crinière sur quelques semaines, afin de repérer ce qui convient réellement au cheval plutôt que de reproduire mécaniquement ce qui se fait en club ou en concours.

Bonnes pratiques pour une tresse d’étalon respectueuse de la crinière

Préparer correctement la crinière

La préparation est une étape clé pour limiter les dégâts. Avant toute tresse :

Une crinière propre, souple et démêlée supportera bien mieux la tension modérée exercée par la tresse.

Choisir la bonne technique et le bon matériel

Pour limiter le risque d’abîmer la crinière avec une tresse d’étalon, quelques points matériels font une réelle différence :

Sur le plan technique, une tresse d’étalon ne doit pas reposer uniquement sur la « force de serrage » : la régularité des brins, la tension homogène tout au long de l’encolure et la façon de finir la tresse (nœud, élastique, repli) ont aussi leur importance pour la tenue.

Pour approfondir la technique et découvrir des variantes adaptées à différents types de crinières, vous pouvez consulter notre article spécialisé sur la réalisation et l’entretien d’une tresse d’étalon, qui détaille pas à pas chaque étape.

Gérer la fréquence et la durée de port

Quelques repères pratiques pour ne pas sur-solliciter la crinière :

Comme pour tout le reste en équitation, l’observation régulière du cheval et de ses poils (crinière, queue, poil de corps) est un outil précieux : elle permet d’ajuster les pratiques avant que les dégâts ne deviennent visibles et durables.

Adopter une routine de soin adaptée

Une routine simple, mais régulière, aide la crinière à mieux supporter les tresses :

Cette approche globale – technique de tresse adaptée, matériel respectueux, durée raisonnable et soins réguliers – permet de profiter des avantages esthétiques et pratiques de la tresse d’étalon sans compromettre la santé de la crinière de votre cheval.

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