Adopter une bonne position à cheval est l’un des fondamentaux de l’équitation, quel que soit le niveau du cavalier. Une assiette stable, des jambes au bon endroit et un buste bien équilibré permettent non seulement de monter en sécurité, mais aussi de communiquer avec le cheval de manière fine et efficace. À l’inverse, une mauvaise posture peut gêner le cheval, fatiguer le cavalier et limiter les progrès techniques.

Pourquoi la position du cavalier à cheval est-elle si importante ?

Une question d’équilibre et de sécurité

La première fonction de la position est d’assurer l’équilibre du cavalier sur le cheval. Un bon équilibre permet de :

  • Suivre les mouvements du dos du cheval aux trois allures.
  • Réagir rapidement en cas d’écart, de changement de direction ou de vitesse imprévu.
  • Répartir son poids sans déséquilibrer le cheval, notamment en extérieur ou à l’obstacle.
  • Limiter le risque de chute en cas de situation imprévue.

Concrètement, un cavalier en équilibre adopte une position dite “en ligne” : oreille, épaule, hanche et talon doivent être alignés verticalement lorsqu’il est assis au pas ou au trot assis, et ce repère reste valable comme ligne de base aux différentes allures.

Préserver le confort et la santé du cheval

La position du cavalier influence directement le dos et la musculature du cheval. Une assiette trop lourde, un cavalier penché en avant ou en arrière, ou encore des jambes qui “pinceraient” au niveau des genoux peuvent entraîner :

  • Des tensions dans le dos du cheval (contractures, défenses, dos creux).
  • Une gêne dans l’engagement des postérieurs.
  • Des difficultés à se mettre sur la main ou à se tendre sur la rêne.
  • À long terme, une usure prématurée des articulations ou une aversion pour le travail monté.

À l’inverse, une bonne position favorise un cheval qui se déplace dans le calme, accepte le contact avec la main et engage plus facilement son arrière-main, condition essentielle pour progresser en dressage comme pour pratiquer l’obstacle en sécurité.

Un langage corporel clair pour des aides efficaces

La posture du cavalier constitue le socle de toutes les aides (assiette, jambes, mains, poids du corps). Quand la position est juste :

  • Les aides deviennent plus discrètes et plus précises.
  • Le cheval comprend mieux ce que l’on attend de lui.
  • Le cavalier n’a pas besoin de “forcer” pour se faire obéir.
  • Le dialogue cheval–cavalier gagne en finesse et en légèreté.

Au contraire, une position instable brouille le message : le cavalier donne sans le vouloir des indications contradictoires (par exemple une main qui retient alors que la jambe pousse), créant incompréhension et résistances.

Les bases d’une bonne position à cheval

L’assiette : la base de la stabilité

L’assiette correspond à la manière dont le cavalier se tient dans la selle, principalement au niveau du bassin et des ischions (les “os des fesses”). Quelques repères indispensables :

  • Le cavalier s’assoit au milieu de la selle, ni au pommeau, ni au troussequin.
  • Le bassin est légèrement basculé pour accompagner le mouvement du dos, sans se creuser exagérément le bas du dos.
  • Le poids est réparti de façon égale sur les deux ischions, afin de ne pas tordre ou déséquilibrer le cheval.
  • Le haut du corps se tient droit mais souple, comme si un fil tirait le sommet du crâne vers le haut.

Une assiette « fixe mais souple » signifie que le cavalier suit les mouvements du cheval sans rebondir exagérément dans la selle, ni se crisper. Cet équilibre demande du temps, du travail sur le plat et souvent des exercices spécifiques (travail à la longe sans étriers, par exemple).

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Les jambes : repères, propulsion et cadre

Les jambes ont un triple rôle : encadrer, propulser et stabiliser. Pour une position fonctionnelle :

  • La jambe tombe naturellement du bassin, sans tension dans la cuisse.
  • Le genou est au contact mais ne pince pas la selle.
  • Le mollet repose au contact du flanc du cheval, légèrement en arrière de la sangle.
  • Le talon est légèrement plus bas que la pointe de pied, sans forcer exagérément la descente du talon.
  • La pointe de pied est tournée très légèrement vers l’extérieur, sans ouvrir la jambe au point de perdre le contact.

Une erreur fréquente consiste à remonter les genoux, surtout au trot enlevé ou au galop. Cette posture raccourcit la jambe, durcit l’assiette et perturbe les aides. Travailler régulièrement sans étriers aide à corriger ce défaut et à allonger la jambe.

Le buste : verticalité, tonus et respiration

Le buste du cavalier doit être vertical, dans l’axe du cheval. Quelques points clés :

  • Les épaules sont alignées avec les hanches et les talons.
  • Le torse est ouvert, les épaules relâchées, légèrement en arrière de la verticale des hanches au trot enlevé et à l’obstacle lorsque nécessaire.
  • Le regard porte loin, dans la direction du mouvement (et non sur l’encolure ou le sol).
  • La respiration reste ample, régulière, ce qui aide à détendre tout le haut du corps.

Pencher excessivement le buste en avant, notamment au galop ou à l’obstacle, est une habitude fréquente. Cela transfère trop de poids sur les épaules du cheval et diminue sa capacité à se redresser. À l’inverse, un buste exagérément en arrière peut le bloquer dans son mouvement et fragiliser le dos du cavalier.

Les mains : contact, souplesse et précision

Les mains sont le prolongement du bras et de la bouche du cheval. Une bonne main est fixe mais souple :

  • Les coudes restent près du corps, légèrement fléchis.
  • Les poignets restent dans l’alignement de l’avant-bras, sans se casser ni vers le haut, ni vers le bas.
  • Les mains sont tenues environ au-dessus du garrot, espacées d’une largeur de poing.
  • Les doigts ferment et s’ouvrent sans dureté, permettant un contact franc mais élastique.

Une main trop dure, qui tire constamment, incite le cheval à se défendre (tête haute, bouche ouverte, mâchoire bloquée). Une main trop flottante, qui manque de contact, le laisse sans repère et nuit à la précision des demandes. Le bon compromis est un contact continu, moelleux, qui accompagne le mouvement de l’encolure.

Adapter sa position aux différentes allures

La position au pas : installer les bases

Le pas, allure à quatre temps, permet de travailler la position dans le calme. C’est l’allure idéale pour :

  • Prendre conscience de l’alignement oreille–épaule–hanche–talon.
  • Régler la longueur d’étrivières en fonction de la discipline (plus longues pour le dressage, plus courtes pour l’obstacle).
  • Sentir le mouvement latéral du dos du cheval sous le bassin.
  • Travailler l’indépendance des aides (mains stables, jambes au contact, buste équilibré).

Au pas, le cavalier peut se concentrer sur la symétrie de son assiette, vérifier qu’il ne penche pas d’un côté, et corriger en s’aidant de repères visuels (barres au sol, miroir si disponible, indications de l’enseignant).

La position au trot enlevé et au trot assis

Au trot, la difficulté principale vient de l’amplitude du mouvement. Deux options principales :

  • Trot enlevé : le cavalier “soulève” légèrement son bassin à chaque foulée, en suivant le mouvement de l’impulsion. L’important est de :
    • Monter et descendre dans la selle verticalement, sans se pencher vers l’avant.
    • Garder les mains au-dessus du garrot, indépendantes du mouvement.
    • Utiliser principalement la flexion des hanches et des genoux, pas celle du buste.
  • Trot assis : le cavalier reste assis dans la selle, accompagne le mouvement par une grande souplesse du bassin et du bas du dos.
    • Les abdominaux travaillent pour stabiliser le tronc.
    • Les cuisses restent au contact, sans coincer le genou.
    • Les talons restent descendus pour amortir les chocs.
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Le trot assis nécessite souvent un dos et une sangle abdominale déjà musclés. Il est recommandé de le travailler progressivement, sur des périodes courtes, et éventuellement sur des chevaux au trot confortable avant de l’appliquer sur des chevaux au mouvement plus ample.

La position au galop

Le galop, allure sautée à trois temps, demande une grande stabilité de l’assiette :

  • Le bassin suit un mouvement circulaire, plus ample que celui du trot.
  • Le buste reste très légèrement en avant de la verticale, selon le type de travail (plus redressé en dressage, davantage en équilibre à l’obstacle).
  • Les jambes enveloppent bien le cheval, avec un mollet présent et une pointe de pied seulement un peu tournée vers l’extérieur.
  • Les mains accompagnent l’encolure sans battre, en maintenant un contact constant.

Au galop de travail sur le plat, la position assise est privilégiée pour garder le contrôle de l’équilibre et des transitions. En approche d’un obstacle, le cavalier passe progressivement dans une position plus en équilibre, avec un buste légèrement avancé, un poids davantage sur les étriers et une assiette plus légère.

Exercices pratiques pour améliorer sa position à cheval

Travail à la longe sans les rênes

Le travail à la longe (avec un cheval tenu par un enseignant) est l’un des meilleurs moyens de se concentrer sur sa position sans se soucier de la direction :

  • Commencer au pas, mains posées sur les hanches ou tendues latéralement.
  • Se concentrer sur l’alignement et l’égalité du poids sur les deux ischions.
  • Passer ensuite au trot enlevé, toujours sans tenir de rênes, en veillant à garder les bras fixes.
  • Progresser vers le trot assis, puis le galop lorsque le cavalier est stable.

Cette méthode oblige le cavalier à trouver son propre équilibre, sans “s’accrocher” aux rênes ni aux étriers, et développe une assiette indépendante des mains.

Exercices sans étriers

Monter sans étriers renforce les muscles profonds, améliore la descente de jambe et la souplesse du bassin :

  • Au pas, retirer les étriers et laisser la jambe tomber naturellement.
  • Travailler des transitions pas–arrêt, en gardant le buste droit et les mains stables.
  • Passer au trot assis sur quelques longueurs, en cherchant à amortir le mouvement avec le bassin.
  • Reprendre régulièrement les étriers pour éviter de se fatiguer ou de se crisper.

Quelques minutes de travail sans étriers à chaque séance suffisent souvent à améliorer de façon durable la position, à condition de rester relâché et de ne pas se tasser dans la selle.

Barres au sol et cavalettis

Les barres au sol et petits obstacles fixes (cavalettis) aident à développer coordination et équilibre :

  • Au pas puis au trot, aborder des barres au sol en ligne droite en gardant un regard loin devant.
  • Vérifier que le buste ne se jette pas vers l’avant à l’approche, mais accompagne simplement le mouvement.
  • Travailler des lignes de plusieurs barres pour réguler le rythme et vérifier la stabilité de l’assiette.
  • Au galop, utiliser des cavalettis pour s’exercer à passer en équilibre, poids davantage sur les étriers, tout en gardant les mains calmes.
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Ce type de travail permet de ressentir les variations d’équilibre du cheval et d’adapter sa propre posture en conséquence, ce qui est particulièrement utile pour le saut d’obstacles ou le travail en terrain varié.

Erreurs fréquentes de position et comment les corriger

Se pencher trop en avant ou en arrière

Deux défauts récurrents :

  • Buste trop en avant : souvent lié à l’appréhension ou à l’envie d’“aider” le cheval. Cela surcharge l’avant-main et peut déséquilibrer le cheval.
  • Buste trop en arrière : le cavalier compense un manque d’assiette par une position de “chaise”, jambes avancées, dos en arrière. Le cheval peut alors se retrouver bloqué dans son mouvement.

Corrections possibles :

  • Travailler devant un miroir ou en vidéo pour prendre conscience de la posture réelle.
  • Effectuer des transitions fréquentes, en se concentrant sur la verticale à chaque départ au pas, trot ou galop.
  • Imaginer une ligne qui part du sol, traverse le talon, la hanche, l’épaule et l’oreille, à vérifier mentalement régulièrement.

S’accrocher avec les mains ou les genoux

En cas de manque de stabilité, beaucoup de cavaliers ont tendance à :

  • Se retenir aux rênes, tirant ainsi sur la bouche du cheval.
  • Pincer exagérément avec les genoux, ce qui remonte la jambe et diminue le contact du mollet.

Corrections possibles :

  • Travailler à la longe sans rênes pour forcer le corps à trouver un autre point d’équilibre.
  • Varier les exercices sans étriers, en pensant à relâcher le genou et à laisser tomber la cuisse.
  • Pratiquer des exercices de relaxation avant de monter (étirements des épaules, du dos, de la hanche) pour réduire les tensions.

Regarder vers le bas

Regarder le garrot ou le sol est un réflexe très courant, surtout chez les débutants ou les cavaliers anxieux. Cela provoque :

  • Un enroulement des épaules vers l’avant.
  • Une perte de verticalité du buste.
  • Un retard dans l’anticipation des trajectoires et des réactions du cheval.

Corrections possibles :

  • Se fixer des points de regard à l’horizon (arbres, lettres de manège, repères sur la carrière).
  • Demander au coach de rappeler régulièrement “regard loin” pour créer un automatisme.
  • Travailler sur des figures simples (cercles, serpentines, diagonales) en fixant le point où l’on souhaite aller plutôt que le chemin sous ses pieds.

Manque de symétrie et rotations du bassin

Beaucoup de cavaliers présentent une asymétrie naturelle (une épaule plus basse, un côté plus musclé, une hanche plus avancée). À cheval, cela se traduit par :

  • Un poids plus important sur un étrier.
  • Une tendance à tourner plus facilement dans un sens que dans l’autre.
  • Des cercles plus difficiles à réaliser à une main.

Corrections possibles :

  • Vérifier régulièrement la longueur des étriers de chaque côté.
  • Alterner le travail à main droite et à main gauche, sur des figures symétriques.
  • Pratiquer des disciplines complémentaires (yoga, Pilates, renforcement musculaire) pour améliorer la symétrie corporelle.

Se former et approfondir ses connaissances

La position à cheval n’est pas figée : elle évolue avec la progression du cavalier, le type de cheval et la discipline pratiquée. Pour aller plus loin et consolider ces bases, il peut être utile de consulter des ressources détaillées rédigées par des spécialistes. Vous pouvez par exemple explorer notre dossier complet dédié à la position du cavalier à cheval, qui propose des schémas, des conseils techniques et des exemples d’exercices ciblés pour perfectionner votre posture en selle.