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Vinaigre de cidre et chevaux : ce que disent vraiment les études et les vétérinaires

Image pour vinaigre de cidre chevaux avis

Image pour vinaigre de cidre chevaux avis

Le vinaigre de cidre est souvent présenté comme une solution « naturelle » miracle pour les chevaux : meilleur transit, moins de coliques, robe plus brillante, articulations préservées, vermifuge naturel, répulsif à insectes… Mais qu’en disent vraiment les études scientifiques et les vétérinaires équins ? Entre croyances d’écurie et données objectives, il est important, en tant que cavalier amateur, de faire le tri.

Ce qu’est réellement le vinaigre de cidre et ce qu’il contient

Un produit fermenté acide, pas un complément anodin

Le vinaigre de cidre est obtenu à partir de jus de pomme fermenté, d’abord transformé en alcool, puis en acide acétique grâce à des bactéries spécifiques. Il contient principalement :

Sur le papier, certains de ces composants peuvent sembler intéressants. Mais pour un cheval de 500 kg, les doses réellement apportées par quelques millilitres de vinaigre de cidre restent souvent très faibles au regard des besoins journaliers.

Vinaigre de cidre “avec la mère” : un vrai plus ou un argument marketing ?

La célèbre « mère de vinaigre » est un amas de bactéries et de levures impliquées dans la fermentation. Chez l’humain, on évoque parfois un possible effet sur le microbiote intestinal, même si les preuves restent limitées. Chez le cheval :

Les vétérinaires insistent généralement sur un point : le vinaigre de cidre n’est pas un probiotique équin validé. Si l’objectif est d’agir sur la flore intestinale, d’autres produits spécifiquement formulés pour les chevaux, et évalués, seront plus adaptés.

Ce que disent (vraiment) les études et les vétérinaires sur les principaux usages

1. Vinaigre de cidre et digestion : mythe du « régulateur d’acidité »

En écurie, on entend souvent que le vinaigre de cidre :

Ces affirmations ne sont pas confirmées scientifiquement chez le cheval.

Certains vétérinaires soulignent même qu’un apport excessif de produits acides pourrait, chez des chevaux sensibles ou déjà ulcéreux, être contre-productif, en irritant davantage une muqueuse gastrique fragilisée.

2. Vinaigre de cidre et métabolisme (poids, insuline, fourbure)

Chez l’humain, quelques études suggèrent que le vinaigre de cidre pourrait, dans certains cas, moduler légèrement la glycémie après les repas ou l’insulinémie. Cependant :

Les vétérinaires spécialisés en médecine interne équine restent très prudents :

3. Vinaigre de cidre comme « vermifuge naturel »

Il s’agit sans doute de l’une des idées les plus répandues… et pourtant l’une des moins fondées. De nombreux cavaliers pensent que le vinaigre de cidre :

Les données scientifiques et les retours de terrain vétérinaires indiquent l’inverse :

L’usage du vinaigre de cidre à la place des vermifuges prescrits expose à un risque grave :

Les vétérinaires insistent : le suivi parasitaire moderne repose sur les coproscopies régulières et les vermifugations ciblées, pas sur des produits maison non évalués.

4. Vinaigre de cidre pour la robe, la corne et les articulations

Autre croyance fréquente : le vinaigre de cidre rendrait la robe plus brillante, la corne plus solide et les articulations plus souples. Là encore, les preuves manquent.

5. Usages externes : démêlant, antiseptique doux, répulsif à insectes

Les utilisations externes du vinaigre de cidre sont plus anciennes, et parfois moins problématiques que les usages internes, mais elles ne sont pas dénuées de limites.

Les risques et limites pointés par les vétérinaires

Effets potentiels sur l’émail dentaire et l’œsophage

Un point de vigilance souvent évoqué par les vétérinaires équins concerne l’impact de l’acidité sur :

Même si les études sont encore limitées sur ce point précis :

C’est l’une des raisons pour lesquelles la plupart des praticiens déconseillent formellement :

Déséquilibres nutritionnels et fausse impression de « solution miracle »

Un autre risque, plus indirect, est de considérer le vinaigre de cidre comme une sorte de complément universel et de négliger :

Certains propriétaires, persuadés d’apporter « tout ce qu’il faut » grâce au vinaigre de cidre, peuvent retarder une consultation vétérinaire ou ignorer des signes cliniques : perte d’état, raideurs, modifications de comportement, anomalies des crottins, etc.

Interactions possibles avec certains traitements

Bien que les données spécifiques soient rares, certains vétérinaires attirent l’attention sur quelques points de prudence :

Dans quels cas le vinaigre de cidre peut-il avoir sa place, et comment l’utiliser prudemment ?

Usage interne : seulement en complément, jamais en traitement principal

Si vous envisagez d’utiliser le vinaigre de cidre par voie orale, les recommandations de bon sens issues des vétérinaires et des nutritionnistes équins sont les suivantes :

Les dosages empiriques rencontrés en pratique (par exemple quelques dizaines de millilitres par jour pour un cheval adulte) ne reposent pas sur des études robustes. Ils doivent donc rester prudents, et toujours considérés comme expérimentaux.

Usage externe : hygiène et confort, avec bon sens

En usage externe, le vinaigre de cidre peut parfois trouver une place, à condition de respecter certaines règles :

Là encore, le point clé reste de ne pas considérer le vinaigre de cidre comme un substitut aux soins vétérinaires : sur des plaies, dermites, infections ou mycoses importantes, l’avis professionnel reste indispensable.

Quid des réglementations en compétition ?

Le vinaigre de cidre n’est pas, à ce jour, une substance classée comme dopante. Toutefois :

Comment s’informer de manière fiable sur le vinaigre de cidre et les compléments naturels pour chevaux

Privilégier les sources scientifiques et les retours de terrain encadrés

Pour sortir du « on dit » d’écurie, quelques réflexes peuvent vous aider :

La popularité d’un produit en écurie ne constitue pas une preuve d’efficacité. De nombreux effets perçus peuvent être liés à d’autres changements concomitants (modification de la ration, de l’environnement, de la charge de travail…).

Ressources pour aller plus loin

Pour approfondir le sujet, comprendre les différents usages, les dosages empiriques et les précautions d’emploi, vous pouvez consulter notre dossier complet sur l’utilisation du vinaigre de cidre chez les chevaux : notre article spécialisé consacré au vinaigre de cidre et aux chevaux. Vous y trouverez une approche détaillée, centrée sur le cavalier amateur et la gestion quotidienne du cheval, avec un focus sur les bonnes pratiques de ration et de soins.

Le rôle central du vétérinaire et du nutritionniste équin

Face à la multiplication des compléments « naturels », le rôle du vétérinaire et, le cas échéant, du nutritionniste équin prend une importance croissante :

Dans une démarche de cavalier responsable, le vinaigre de cidre peut éventuellement avoir une place marginale, mais toujours dans un cadre réfléchi, validé par des professionnels, et sans jamais se substituer aux fondamentaux : alimentation adaptée, suivi sanitaire, travail progressif et respect du bien-être du cheval.

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