Dans la pratique de l’équitation, le trot assis fait partie des grandes « étapes » que tout cavalier rencontre tôt ou tard. Pour certains, c’est un passage obligé vers une équitation plus fine, pour d’autres, c’est une vraie source de frustration : mal de dos, cheval qui accélère, perte d’équilibre… Pourtant, bien compris et bien travaillé, le trot assis devient un outil précieux pour améliorer votre assiette, affiner vos aides et préserver le dos de votre cheval. L’objectif n’est pas de « tenir » coûte que coûte, mais d’apprendre à se fondre dans le mouvement, sans tension, avec une vraie qualité de contact et de relation.
Sur un blog d’équitation destiné aux cavaliers amateurs, il est essentiel de démystifier cette allure. Le trot assis ne devrait jamais être vécu comme une punition, ni pour vous, ni pour votre cheval. Il fait partie d’un ensemble cohérent de compétences : maîtrise du trot enlevé, compréhension de la locomotion du cheval, capacité à gérer votre propre corps dans l’effort. Plus vous comprenez ce qui se passe sous la selle, plus vous pouvez adapter votre position et votre façon de travailler.
Dans cet article, nous allons aborder le trot assis de manière documentée et pratique : qu’est-ce qui se passe dans le corps du cheval et du cavalier, comment placer votre bassin, vos jambes, vos mains, avec ou sans étriers, quels exercices mettre en place pour progresser étape par étape, et surtout comment respecter les limites physiques de votre cheval. L’idée est de vous donner des repères concrets pour transformer le trot assis d’un moment redouté en un véritable outil de progression, utile dans l’entraînement au quotidien comme en compétition. Pour aller plus loin, consultez notre guide complet sur le trot assis.
Comprendre le trot assis : objectifs, biomécanique et place dans le travail
Avant de chercher à « mieux tenir » au trot assis, il est indispensable de comprendre ce qui se joue, autant pour vous que pour votre cheval. Le trot est une allure à deux temps diagonalisés : l’antérieur droit et le postérieur gauche se déplacent ensemble, puis l’antérieur gauche et le postérieur droit. Entre chaque foulée, il existe un temps de suspension où les quatre membres sont en l’air. Cette alternance provoque des mouvements importants du dos, du bassin et de l’avant-main du cheval.
Lorsque vous êtes assis dans cette allure, votre bassin doit accompagner le mouvement de la colonne vertébrale. Le dos du cheval monte et descend, s’arrondit plus ou moins selon son niveau de dressage, sa morphologie et la qualité de l’engagement des postérieurs. Si vous êtes rigide, si vous « bloquez » votre bassin, le cheval ressent des chocs répétés sur sa ligne du dessus. À l’inverse, une assiette souple permet de répartir la charge et de limiter les micro-traumatismes.
Le trot assis a plusieurs objectifs concrets dans le travail :
- Permettre un contact plus stable avec la bouche, car vous n’êtes plus en phase de montée/descente dans la selle comme au trot enlevé.
- Préciser vos aides de jambe et de poids du corps, utiles par exemple pour les déplacements latéraux, les transitions au sein de l’allure ou certains exercices de dressage.
- Observer et sentir plus finement la locomotion de votre cheval : régularité, raideurs, asymétries, qualité de l’engagement.
- Préparer des mouvements plus avancés (épaules en dedans, appuyers, extensions d’allure, etc.).
Il est important de replacer le trot assis dans une progression. Pour un cavalier amateur, il ne s’agit pas de rester assis « le plus longtemps possible », mais de l’utiliser à bon escient, sur de courtes séquences, dans un cadre de travail global. On alterne volontiers les phases au trot enlevé et au trot assis, en jouant sur les transitions intra-allure (rassembler, allonger) pour ne pas épuiser le cheval ni vous-même.
Certains chevaux, notamment ceux au dos très rebondi ou au trot particulièrement « aérien », rendent le trot assis plus difficile. Cela ne signifie pas que vous êtes un mauvais cavalier, mais simplement que la morphologie de votre cheval et sa façon de trotter vous demandent plus de mobilité dans le bassin. De même, un cheval qui manque de musculature dorsale peut avoir du mal à supporter un cavalier assis longtemps. Dans ces cas, le trot assis doit être utilisé avec parcimonie et toujours dans l’optique d’améliorer la musculature, pas de la mettre en défaut.
Enfin, gardez à l’esprit que le trot assis n’est pas une fin en soi. Il est un outil parmi d’autres. Dans une séance bien construite, vous pouvez très bien utiliser principalement le trot enlevé pour préserver le dos, et n’introduire que de courtes « îles » de trot assis pour travailler la précision des aides. L’essentiel est de savoir pourquoi vous choisissez d’être assis à tel moment, et non d’y rester par habitude ou par « principe ».
La bonne position au trot assis : assiette, jambes, mains et respiration
La qualité de votre position au trot assis conditionne directement le confort de votre cheval et votre capacité à rester stable. Dans, sur et avec le mouvement : ces trois notions doivent guider votre recherche d’assiette. Il ne suffit pas de « coller » au siège, il faut que votre bassin se laisse porter par l’oscillation du dos, sans résistance inutile.
Le rôle central du bassin et du tronc
Votre bassin est le point de contact principal au trot assis. Imaginez qu’il repose dans la selle comme sur un ballon : il doit pouvoir basculer très légèrement d’avant en arrière et de droite à gauche pour accompagner les diagonaux. Vos ischions (les deux petits os sur lesquels vous êtes assis) doivent être également en contact, ni trop en avant (vous seriez coincé sur le pubis), ni trop en arrière (dos creusé, jambes qui avancent).
Le haut du corps est vertical, mais vivant. Un dos « droit » ne signifie pas un dos rigide. Légère tonicité abdominale, épaules relâchées, nuque souple : cela vous permet de suivre sans subir. Si vous vous penchez en arrière pour « vous agripper », vous risquez de creuser le bas du dos et d’envoyer votre poids vers la croupe du cheval, ce qui le gêne et peut le conduire à accélérer ou à se défendre.
Les jambes : envelopper sans serrer
Les jambes ont tendance à avancer quand le cavalier se sent instable au trot assis. Pour corriger cela, pensez à laisser tomber la cuisse vers le bas, rotule détendue, genou au contact mais sans pince. Votre jambe doit descendre naturellement sous la hanche, ni trop en avant ni trop en arrière. Vous « enveloppez » le cheval plutôt que de le presser.
Le rôle de vos mollets est de soutenir le contact et d’encourager l’engagement, pas de se crisper à chaque foulée. Si vous vous accrochez avec les jambes, votre cheval peut interpréter cela comme une demande d’accélération et rendre le trot plus difficile à suivre. Là encore, moins vous résistez, plus le mouvement devient fluide.
Les mains et la respiration : stabilité et décontraction
Les mains ont tendance à se durcir lorsque vous êtes en difficulté au trot assis. Pourtant, une main rigide se répercute directement dans la bouche du cheval et accentue son inconfort. Essayez de garder les coudes légèrement pliés, près du corps, pour que vos mains puissent suivre les micro-mouvements de l’encolure. Le contact doit être stable, mais élastique, comme un fil tendu, jamais comme une barre fixe.
Votre respiration joue un rôle souvent sous-estimé. En apnée, tout le corps se crispe, le bassin se fige et vous perdez en souplesse. Prenez l’habitude de respirer profondément, surtout dans les moments où vous vous asseyez au trot. Certains cavaliers trouvent utile d’expirer sur quelques foulées en se concentrant sur la détente des muscles du ventre et des cuisses. Plus vous respirez, plus votre position devient vivante et adaptée.
En pratique, pour sentir la bonne position, commencez sur un trot lent, presque de travail au pas actif. Demandez à un coach de vous filmer de profil : vérifiez que votre épaule, votre hanche et votre talon sont alignés. Si votre jambe passe devant cette ligne, ramenez discrètement le bas de la jambe sous la hanche, et imaginez que vos cuisses « glissent » vers le bas plutôt que vers l’avant. Cette recherche de position prendra du temps, mais elle est la base d’un trot assis confortable, pour vous et pour votre cheval.
Trot assis avec ou sans étriers : intérêts, limites et progression
La question des étriers revient souvent dès que l’on parle de trot assis : faut-il travailler avec, sans, alterner les deux ? Les deux approches ont des intérêts spécifiques, à condition d’être utilisées intelligemment et dans de bonnes conditions. Il ne s’agit pas d’un défi à relever pour « prouver » votre niveau, mais d’un outil de progression au service de votre assiette et du confort de votre cheval.
Travailler le trot assis avec étriers
La majorité de votre travail devrait se faire avec étriers, surtout si vous êtes un cavalier amateur montant un cheval de loisir. Les étriers offrent un point d’appui supplémentaire qui vous aide à stabiliser votre jambe et votre équilibre global. Encore faut-il les utiliser correctement : un étrier n’est pas un marchepied sur lequel vous poussez, mais un repère pour laisser le poids descendre dans la jambe.
Pour profiter au mieux des étriers, vérifiez la longueur : trop courts, ils vous poussent vers l’avant et rendent l’assiette instable ; trop longs, vous perdez le contact et vous avez tendance à vous « asseoir lourd ». En général, pour le dressage et donc pour le trot assis, on rallonge légèrement par rapport à la longueur de saut, de manière à pouvoir garder la jambe descendue et la hanche ouverte.
Avec étriers, travaillez des séquences courtes : par exemple, 10 à 15 foulées assis, puis retour au trot enlevé. Alternez sur des lignes droites et des courbes larges, dans un trot modérément actif. Progressivement, à mesure que vous trouvez votre équilibre, vous pourrez prolonger ces temps assis, puis introduire de légers exercices (variations d’allure, cercles, serpentine).
Travailler sans étriers : un outil puissant, mais à manier avec prudence
Le travail sans étriers est souvent présenté comme la solution miracle pour « améliorer son trot assis ». Dans les faits, c’est un exercice exigeant, qui peut être très bénéfique si votre position de base est déjà correcte, mais qui peut être contre-productif si vous êtes encore très instable. Sans étriers, la tentation de se raccrocher aux rênes ou de se crisper dans le dos est forte : cela nuit à la locomotion du cheval et renforce vos mauvaises habitudes.
Pour utiliser le sans étriers intelligemment, choisissez un cheval au trot relativement confortable, bien équilibré, et un terrain souple mais pas profond. Demandez à un encadrant de mettre le cheval sur un cercle au trot calme, puis laissez tomber les étriers sur quelques foulées seulement au début. Concentrez-vous sur la respiration, la détente de vos cuisses et la sensation d’oscillation sous votre bassin.
Plutôt que de rester de longues minutes sans étriers, pensez en « îles » d’exercice : quelques foulées ou un demi-cercle assis sans étriers, puis reprise des étriers pour corriger votre position, avant de re-tenter un court moment sans. Ainsi, vous ne fatiguez pas excessivement le dos du cheval, et vous gardez un ressenti clair entre les deux situations (avec et sans étriers).
Adapter la durée et l’intensité à votre niveau
Le point le plus important est d’adapter vos séances à votre niveau et à celui de votre cheval. Ne cherchez pas à rester assis coûte que coûte, sans ou avec étriers, dans un trot trop rapide. Un trot légèrement rassemblé, où votre cheval a le temps de poser chaque foulée, est beaucoup plus formateur qu’un trot étendu où tout le monde subit. N’hésitez pas à repasser au pas régulièrement pour vérifier votre position et détendre vos muscles.
En résumé, les étriers ne sont ni vos ennemis ni votre unique béquille. Ils sont un outil à votre service. Alternez les moments où vous travaillez votre stabilité avec eux, et de courtes séquences sans pour affiner votre assiette. Dans tous les cas, gardez comme fil directeur le confort et le relâchement : plus vous êtes détendu, plus votre cheval peut l’être également.
Exercices progressifs pour améliorer le trot assis sans punir votre cheval
Pour progresser réellement au trot assis, il ne suffit pas de « s’asseoir et de tenir ». Un travail structuré, avec des exercices progressifs, vous permet d’améliorer votre position sans transformer la séance en souffrance pour vous et pour votre cheval. L’idée n’est pas d’ajouter le trot assis par-dessus tout le reste, mais de l’intégrer intelligemment dans votre entraînement habituel.
Préparer le trot assis dès le pas
Tout commence au pas. Avant même de penser à vous asseoir dans le trot, travaillez votre assiette dans une allure lente, où vous pouvez analyser vos sensations. Au pas, concentrez-vous sur :
- Le relâchement de vos cuisses et de vos genoux, qui doivent « tomber » le long des flancs du cheval.
- La mobilité de votre bassin : sentez le mouvement droite/gauche, avant/arrière au rythme des pas.
- La stabilité de votre buste : vertical, mais avec une légère tonicité abdominale.
Vous pouvez déjà, au pas, alterner des phases avec et sans étriers pour renforcer votre confiance dans la selle. Plus vous êtes à l’aise au pas, plus le passage au trot assis se fera naturellement.
Utiliser le trot enlevé comme transition vers le trot assis
Le trot enlevé est un allié précieux pour votre trot assis. Plutôt que de passer brutalement du pas au trot assis, passez d’abord au trot enlevé. Une fois que votre cheval est dans un trot régulier, stable, commencez par vous asseoir seulement sur quelques foulées, puis repartez au trot enlevé. Par exemple :
- Sur une diagonale : 4 foulées enlevé, 4 foulées assis, et ainsi de suite.
- Sur un cercle : une moitié de cercle enlevé, une moitié assis.
Cette alternance vous permet de ne pas fatiguer le dos de votre cheval et de garder un trot de qualité. Elle vous donne aussi des repères clairs : vous pouvez sentir ce qui change dans votre corps et dans la locomotion quand vous passez assis, puis corriger progressivement.
Jouer sur les variations d’allure et les figures simples
Un des moyens les plus simples d’améliorer le trot assis est de travailler dans un trot légèrement rassemblé, où le cheval est plus dans l’engagement que dans la vitesse. Pour cela, utilisez les transitions intra-allure :
- Du trot de travail vers un trot un peu plus lent, en gardant l’impulsion avec vos jambes et un contact souple.
- Puis ré-accélération légère sur quelques foulées au trot enlevé pour ne pas « éteindre » le cheval.
Les figures simples vous aident également : grands cercles de 20 m, serpentines à trois boucles, lignes courbes. Sur ces trajectoires, restez attentif à votre position : ne vous penchez pas vers l’intérieur, ne vous crispez pas dans les virages. Sur un cercle, imaginez que votre nombril suit la trajectoire, tandis que vos épaules restent parallèles à celles du cheval.
Exercices spécifiques pour la décontraction
Si votre cheval se tend au trot assis, introduisez des « îles » de détente dans votre séance. Par exemple :
- Quelques foulées de trot assis, puis transition au pas rênes longues sur un cercle.
- Retour au trot enlevé avec une extension d’encolure (cheval qui étire son encolure vers l’avant et le bas), puis à nouveau quelques foulées assis.
L’objectif est de montrer à votre cheval que le trot assis n’est pas synonyme d’effort interminable, mais une phase comme une autre, suivie de moments agréables où il peut souffler. Cette alternance renforce la confiance : votre cheval accepte mieux vos demandes, vous vous détendez davantage, et tout le monde y gagne.
En structurant ainsi votre travail, vous faites du trot assis un exercice à part entière, intégré dans une progression logique. Vous respectez la zone de confort de votre cheval tout en élargissant progressivement la vôtre, ce qui est le meilleur moyen d’obtenir un trot assis stable, souple et utile dans votre équitation quotidienne.
Adapter le trot assis à votre cheval : morphologie, sensibilité et respect du dos
Il est essentiel de rappeler que tous les chevaux ne réagissent pas de la même manière au trot assis. Votre cheval n’est pas un simple « support » pour vos exercices : c’est un partenaire avec sa propre morphologie, son histoire, sa sensibilité. Adapter votre travail à lui est une marque de respect, mais aussi une condition pour progresser durablement sans créer de défenses ou de douleurs.
Morphologie et confort du trot
Certains chevaux ont un trot naturellement confortable : dos plutôt souple, foulées régulières, amplitude modérée. D’autres, au contraire, présentent un trot très rebondi, avec beaucoup de projection vers le haut, ou au contraire très plat mais rapide. Dans les deux cas, le trot assis peut être plus difficile pour vous, et plus contraignant pour leur dos si vous n’êtes pas stable.
Un cheval avec un garrot marqué et un dos plutôt long offre souvent plus de « place » pour s’asseoir, mais son dos peut manquer de tonicité. À l’inverse, un cheval compact, très musclé derrière, peut avoir un trot extrêmement rebondi qui demande beaucoup de souplesse au cavalier. Pour votre, et surtout pour son, confort, adaptez la durée des phases assises : sur un trot très « sauté », restez assis peu de temps au début, le temps que votre corps apprenne à accompagner.
État musculaire et niveau de dressage
Un cheval jeune, peu musclé dans le dos, ou en rééducation ne devrait pas supporter de longues périodes au trot assis. Même avec une excellente position, le simple fait d’être assis ajoute de la charge sur sa colonne vertébrale. Dans ces cas, le trot enlevé reste l’option la plus respectueuse, avec seulement de très courtes séquences assises, encadrées par des phases de pas et de détente.
À mesure que votre cheval se muscle, que son engagement des postérieurs s’améliore et que sa ligne du dessus se tonifie, il pourra supporter davantage de travail au trot assis. Vous sentirez alors que le dos « monte » sous la selle, que les foulées deviennent plus rebondies mais aussi plus régulières. Ce sont des signaux positifs : votre trot assis devient un outil de gymnastication, pas une contrainte.
Signes d’inconfort à surveiller
Il est crucial d’être à l’écoute de votre cheval. Certains signes doivent vous alerter lorsque vous travaillez le trot assis :
- Cheval qui accélère systématiquement dès que vous vous asseyez, malgré un contact stable et des aides calmes.
- Oreilles plaquées, queue qui fouaille, dos qui se creuse.
- Résistances à la main (tire, secoue la tête) uniquement lorsque vous êtes assis.
- Boiteries légères ou irrégularités qui apparaissent au trot assis et disparaissent au trot enlevé.
Ces comportements ne sont pas « contre vous », ils sont souvent l’expression d’un inconfort réel, voire d’une douleur. Dans ce cas, il est pertinent de faire vérifier l’état physique de votre cheval (ostéopathe, vétérinaire, saddle-fitter pour la selle) et de réduire voire d’interrompre le travail au trot assis le temps d’identifier la cause.
Pour beaucoup de chevaux de loisir, une utilisation modérée du trot assis est parfaitement suffisante : quelques minutes par séance, au service d’exercices précis, sans chercher à « tenir » coûte que coûte un tour complet de carrière. Ce qui compte, ce n’est pas la durée, mais la qualité. Mieux vaut 3 minutes de trot assis détendu, dans la bonne attitude, que 20 minutes de lutte avec un cheval tendu et un dos qui souffre.
En adapant ainsi votre travail, vous montrez à votre cheval que vous êtes attentif à son confort. Cette attitude renforce la relation de confiance : votre cheval devient plus disponible pour vous, plus confiant dans vos demandes, car il sait que vous n’imposez pas un exercice « pour le principe », mais avec un objectif clair et respectueux de son bien-être.
Problèmes fréquents au trot assis et solutions pratiques pour les cavaliers amateurs
Malgré toute la bonne volonté du monde, il est fréquent de rencontrer des difficultés au trot assis : rebond incontrôlé, douleurs dans le dos ou les genoux, cheval qui s’agite… Identifier précisément ce qui se passe vous permet de mettre en place des solutions concrètes, étape par étape, plutôt que de vous acharner dans une position inconfortable.
Vous rebondissez dans la selle
Le problème le plus courant est le « rebond » : vous avez la sensation de sauter à chaque foulée, sans réussir à rester dans la selle. Dans la plupart des cas, cela vient d’un bassin figé, de cuisses trop serrées, ou d’un trot trop rapide. Pour corriger :
- Ralentissez le trot avec l’aide d’un encadrant : obtenez un trot de travail plutôt que d’allongement.
- Concentrez-vous sur vos cuisses : au lieu de serrer, pensez à « poser » la face interne de la cuisse contre la selle et à la laisser glisser vers le bas.
- Imaginez que votre bassin dessine de petits cercles dans le sens du mouvement, plutôt qu’un mouvement vertical.
Des exercices de mise en selle au pas et au trot enlevé (sans rênes, en tendant les bras sur les côtés, par exemple) peuvent vous aider à trouver un meilleur équilibre de base avant de revenir au trot assis.
Douleurs dans le dos, les genoux ou les chevilles
Si vous avez mal au dos après quelques minutes de trot assis, il est probable que vous creusiez exagérément les lombaires ou que vous bloquiez le bassin. Travaillez votre tonicité abdominale hors du cheval (gainage léger, étirements) et pensez, en selle, à laisser le bas du dos « respirer ». Un cheval qui trotte très vite accentuera ces douleurs : là encore, un trot plus lent, plus rassemblé, vous aidera.
Les douleurs dans les genoux et les chevilles proviennent souvent de la recherche d’appui dans les étriers : vous poussez vers le bas pour vous stabiliser, ce qui comprime les articulations. Essayez de transférer une partie du poids vers la cuisse et l’assise, en gardant le pied posé mais sans pousser. Si nécessaire, ajustez la longueur de vos étriers pour trouver une position plus naturelle.
Cheval qui accélère ou se tend dès que vous vous asseyez
Si votre cheval part systématiquement plus vite dès que vous vous mettez au trot assis, interrogez-vous sur ce qu’il ressent. Souvent, cela signifie qu’il anticipe une gêne (dos percuté, bouche tirée, jambes qui se crispent). Pour l’aider :
- Commencez au trot enlevé, puis asseyez-vous sur 2 ou 3 foulées seulement, en pensant à respirer et à garder des mains souples.
- Revenez immédiatement au trot enlevé dès que vous sentez la tension monter, sans commentaires agressifs, sans tirage.
- Répétez, en cherchant une attitude la plus neutre possible : moins vous « faites », plus le cheval peut se détendre.
Progressivement, votre cheval associera le trot assis à une phase calme où votre position ne lui fait pas mal. N’hésitez pas à intégrer des moments de pas rênes longues entre ces tentatives, pour revenir dans une vraie zone de confort.
Gérer votre mental et votre fatigue
Enfin, il ne faut pas négliger l’aspect mental. Beaucoup de cavaliers appréhendent le trot assis, parce qu’ils ont déjà vécu de mauvaises expériences (chutes, douleurs, remarques blessantes). Cette appréhension se traduit automatiquement par des tensions musculaires qui aggravent les difficultés. Prenez le temps de travailler dans un environnement rassurant : cheval connu, encadrant bienveillant, objectif limité.
Fixez-vous des buts réalistes : par exemple, aujourd’hui, réussir 3 fois 6 foulées de trot assis détendu, plutôt que de « tenir tout un tour ». Quand l’objectif est atteint, repassez à un travail où vous êtes à l’aise. La progression se construit séance après séance, sans brûler les étapes. Nous savons que la tentation est grande, mais vouloir aller trop vite se solde souvent par plus de tensions, pour vous comme pour votre cheval.
En travaillant avec cette approche progressive, respectueuse et structurée, le trot assis cesse d’être un passage redouté et devient un véritable outil pédagogique. Il vous aide à mieux sentir le mouvement, à adapter vos aides, à prendre soin du dos de votre cheval. Peu à peu, vous découvrez un trot assis où vous ne subissez plus, mais où vous accompagnez activement, dans une équitation plus fine, plus harmonieuse et plus agréable pour tous les deux.

