Classiques et chuchoteursRécemment un livre de Tom Dorrance m’est tombé sous la main.

Pour faire court, ce chuchoteur décédé en 2003 à l’âge de 93 ans est considéré comme un des pionniers de l’équitation éthologique. Ray Hunt qui fût son meilleur élève continue à enseigner sa philosophie à travers le monde. Dorrance a inspiré tous les chuchoteurs actuels. Antoine Cloux a traduit en français son livre «  True unity ».

Dans cet ouvrage Tom nous explique qu’il y a trois directions différentes qui permettent de comprendre le cheval : son physique, son mental, et son esprit.

Une fois ceci dévoilé, encore faut-il se poser la question de ce que Tom met dans tout cela. A la lecture de son livre ce n’est pas évident, peut être la traduction rend-elle un peu moins facile la compréhension des concepts clés de son approche.

Une seconde question me vient concernant la tradition équestre française, représentée à mes yeux par l’ouvrage tout en nuances du général Decarpentry, Équitation académique. Notre tradition de dressage classique prend elle en compte le même genre d’aspect de la personnalité du cheval ou bien sommes-nous, en suivant ces enseignements, très loin de ces chuchoteurs américains.

Les concepts de Tom Dorrance
Le corps :
  • En première lecture,

Cela renvoie à l’état physique du cheval. Nous devons prendre soin de lui : de sa santé, de son bien être, et le protéger de toute violence.

  • En seconde lecture,

Quand on rentre dans le concret, on met l’ accent sur : Repérer chez le cheval les gênes d’ordre physique.

Agir quand on le peut sur le physique pour régler les problèmes. Ex : Bouger les pieds du cheval pour régler une situation de blocage.

Mental :
  • En première lecture,

Cela correspond à l’état mental du cheval, notre rôle en tant qu’homme de cheval est de faire en sorte que notre partenaire équin ne soit pas stressé, apeuré et vive tranquillement.

  • En seconde lecture

Ne pas se mettre sur la route du cheval, donc ne pas vouloir faire aller à gauche un cheval qui continue à penser et vouloir aller à droite.

Se glisser dans la personnalité du cheval et partir de son point de vue.

Causer de l’inconfort quand le cheval ne fait pas ce que vous désirez.

Esprit :
  • En première lecture,

Cela définit cette petite étincelle de vie qui nous rend, nous et nos chevaux, uniques et qui conduit parfois à ce désir du cheval d’être proche des hommes à sa manière bien à lui.

  • En seconde lecture

Atteindre l’osmose entre le cavalier et le cheval, caractérisée par des actions infimes du cavalier pour des réponses précises du cheval.

Au bout de tout cela grâce à un timing et un feeling appropriés, le cheval doit être léger et souple à travers tout son corps… Tiens tiens tiens… Allons donc voir ce que dit le Général Decarpentry.

PARTICULARITÉS DE L’ÉQUITATION ACADÉMIQUE

La légèreté est l’essence même de l’équitation artistique, comme elle en est la pierre de touche……

Le consentement du cheval doit être inconditionnel, Il doit seulement prendre le caractère de joyeux empressement qui rend celui-ci, pour ainsi dire, «  souriant »…

Le cheval ne peut exécuter que les ordres dont il comprend le Sens… En réalité, se faire comprendre et se faire obéir ne doivent faire qu’un en dressage…

C’est seulement en plaçant le cheval dans un ensemble de conditions telles que leur influence détermine l’instinct à accomplir tel acte, que l’exécution de cet acte peut être obtenue de lui…

Le langage conventionnel établi peu a peu entre le cavalier et sa monture s’enrichit au fil du temps. L’entendement du cheval s’ouvre,l’enseignement va toujours du connu a l’inconnu.

C’est l’esprit de la méthode…

L’écuyer utilise le langage établi pour appliquer au corps du cheval la progression gymnastique d’une série de mouvements destinés à développer plutôt son agilité que ses forces, et sa souplesse plutôt que sa puissance.

Les deux parlent bien de la même chose, de la même philosophie, non ?

Pierre