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Quel taille de couverture pour mon cheval : morphotypes, pièges de mesure et ajustements fins

Choisir la bonne taille de couverture pour son cheval semble simple au premier abord : on prend un mètre ruban, on mesure, on regarde un tableau des tailles… et c’est réglé. Dans la réalité, les choses sont plus subtiles. Entre les morphotypes très différents (poneys ronds, chevaux longilignes, baroques massifs), les standards de tailles qui varient selon les marques et les erreurs de mesure fréquentes, il est facile de se tromper de plusieurs centimètres. Or une couverture mal ajustée est plus qu’un simple inconfort : elle peut provoquer frottements, contractures, blessures et même favoriser les défenses au travail.

Comprendre les morphotypes de chevaux et leur impact sur la taille de couverture

Les grands profils morphologiques à connaître

La première étape avant même de sortir le mètre consiste à comprendre à quel type morphologique appartient votre cheval. La longueur totale n’est qu’un élément parmi d’autres. La largeur du poitrail, la hauteur au garrot, la rondeur des côtes ou encore l’implantation de l’épaule vont influencer la taille et surtout la forme de la couverture nécessaire.

Pourquoi deux chevaux de même taille ne portent pas la même couverture

Deux chevaux d’1,65 m au garrot peuvent, en pratique, ne pas du tout entrer dans la même couverture. Les facteurs qui expliquent ces différences :

Il est donc essentiel de ne jamais se contenter d’une indication de taille type “cheval d’1,60 = couverture 135”. Ces correspondances ne sont qu’un point de départ, à affiner avec des mesures précises et une observation de la morphologie.

Les méthodes de mesure et leurs pièges les plus fréquents

Où et comment mesurer son cheval

La mesure standard pour déterminer la taille de couverture est la longueur de dos ou la longueur de corps, selon le système employé par la marque (français ou anglo-saxon).

Avant d’acheter, il est impératif de vérifier quel système de mesure utilise la marque. Confondre les deux conduit presque systématiquement à choisir une taille inadaptée.

Erreurs de mesure fréquentes et comment les éviter

Plusieurs pièges biaisent la mesure et induisent en erreur :

Différences entre marques et conversions de tailles

Deux couvertures marquées “135” ne taillent pas toujours de la même façon. Les raisons :

Quelques conseils pratiques :

Reconnaître une couverture bien ajustée : repères visuels et tactiles

Signes d’un bon ajustement au niveau du poitrail et du garrot

Une couverture bien adaptée doit :

Quelques tests simples :

Ajustement sur les épaules, le dos et les flancs

Aux épaules, on recherche un compromis entre liberté et stabilité :

Sur le dos :

Sur les flancs :

Sangles, courroies et réglages : les marges de manœuvre

Les sangles ne servent pas à compenser une mauvaise taille, mais à affiner l’ajustement :

Ajustements fins selon l’usage : box, pré, travail et imperméabilité

Couverture de box : confort et liberté de mouvement

En box, le cheval :

Pour ce type de couverture :

En cas de cheval tondu, on peut parfois privilégier une coupe plus enveloppante sur l’encolure (demi-cou, high-neck) pour limiter les déperditions de chaleur, en s’assurant toujours que le garrot n’est pas écrasé.

Couverture de pré : stabilité et protection renforcée

Au pré, les contraintes changent :

Dans ce contexte, la couverture doit :

Sur les chevaux au pré à l’année, légèrement en surpoids ou très poilus, beaucoup de cavaliers commettent l’erreur de sur-tailler “pour qu’il soit à l’aise”. Or un cheval un peu rond a encore plus besoin d’une couverture qui ne tourne pas, car les formes arrondies favorisent déjà la rotation du matériel.

Couvertures d’exercice et séchantes : un ajustement plus près du corps

Les couvertures d’exercice (couvertures de marcheur, quarter-sheets, couvre-reins) et les séchantes (polaires, nid d’abeille) ont des objectifs différents :

Pour ces modèles, un ajustement plus proche du corps est souvent préférable :

On reste néanmoins sur les mêmes principes d’observation : liberté d’épaule, absence de points de pression, stabilité au cours de la séance.

Imperméabilité, respirabilité et impact sur la taille

Les couvertures imperméables de pré ou de sortie présentent souvent :

Cette construction peut donner l’impression d’une couverture plus volumineuse et moins “malléable” qu’une simple séchante. Il est alors tentant de prendre une taille au-dessus pour “gagner en confort”. C’est rarement la bonne solution :

Il est utile de se référer à notre article spécialisé sur le choix de la couverture idéale pour votre cheval pour approfondir ces aspects techniques (type de grammage, niveaux d’imperméabilité, respirabilité) et les mettre en relation avec la taille et la coupe les plus adaptées.

Astuces avancées : anticiper les changements et corriger les petits défauts

Prendre en compte l’âge, la saison et l’évolution de la ligne du dessus

La morphologie d’un cheval n’est pas figée :

Il est judicieux de :

Petits ajustements possibles sans changer de couverture

Quand la taille est globalement correcte mais que quelques détails posent problème, certains accessoires peuvent aider :

Ces solutions ne compensent pas une taille totalement inadaptée (trop grande ou trop petite), mais elles permettent souvent de transformer un ajustement “moyen” en un confort acceptable, notamment sur des couvertures encore récentes ou peu utilisées.

Surveillance des traces de frottement et ajustements dans le temps

Un bon indicateur de l’ajustement réel de la couverture, au-delà des premiers essais, est l’apparition de marques sur le poil et la peau :

Ces signes indiquent qu’un réglage ou une adaptation est nécessaire :

En prenant en compte le morphotype, en mesurant précisément et en observant attentivement le comportement du cheval et l’état de son poil, il devient possible de choisir non seulement la bonne taille de couverture, mais aussi la coupe et les réglages les plus harmonieux pour son confort et sa santé au quotidien.

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