Pédagogies Équestres« Les découvertes techniques révélées par mon travail avec des élèves aveugles m’ont finalement réappris à monter à cheval. »

L’équitation est une éthique se conjuguant à la méthode, la précision et surtout au dialogue indispensable entre le cavalier et son cheval. Pour l’œil novice, il en résulte une parfaite harmonie, une chorégraphie si particulière, si gracieuse.

Jean-Louis Rouchy livre dans Pédagogies équestres les clés de cet apprentissage où travail rime avec rigueur et persévérance. Formé par les écuyers du Cadre Noir de Saumur et Chevalier de la Légion d’honneur, Jean-Louis Rouchy est consultant et maître d’équitation depuis plus de cinquante ans.
Cet essai est le fruit de ses années de recherche et de pratique. Il y expose notamment les techniques de l’équitation sensitive développées auprès d’élèves aveugles. Il répertorie également l’ensemble des théories équestres.


Les Éditions du Panthéon nous ont confié l’ouvrage de Jean-Louis Rouchy : Pédagogies équestres – Exploitation des stimuli tactiles.

La présentation de cet ouvrage m’a intriguée et ce n’est donc pas sans curiosité que j’ai ouvert cet ouvrage qui se divise en deux grandes parties : un rappel des grands principes de l’Équitation de Tradition Française et une seconde partie plus spécifiquement consacrée à l’expérience menée avec un certain succès sur la formation à l’équitation de personnes aveugles de tous âges.

La partie technique, qui m’est apparue peut-être trop conséquente dans le cadre d’un tel ouvrage, décline les grands principes équestres. Cependant, si elle rappelle consciencieusement l’esprit de Saumur et ne se prive pas de citer les grands écuyers français, de La Guérinière à Decarpentry, s’offrant même un petit détour par les écrits de Nuno Oliveira, elle ne propose pas, me semble-t-il, un point de vue particulièrement nouveau.

En revanche, la seconde partie qui nous relate l’expérience originale et novatrice, surtout à l’époque où il l’a entreprise, de Monsieur Rouchy avec des cavaliers aveugles, m’a paru peut-être un peu courte. J’aurais souhaité qu’il approfondisse un peu plus tout l’intérêt et les « secrets » d’une démarche admirable par son objet comme par sa réalisation. On aurait aimé être à ses côtés lorsqu’il s’est aperçu qu’une élève aveugle, kinésithérapeute, il est vrai, et cela a probablement son importance, « lâchée » au milieu d’une reprise de « débutants voyants », s’en sortait aussi bien sinon mieux que ses camarades de reprise :

« Ce fut pour moi la lumière qui allait transformer toute ma pédagogie équestre et une révélation qui allait aussi métamorphoser le courant de ma vie professionnelle en me faisant reprendre depuis le début : appliquer les théories équestres en interprétant des sensations issues de la mécanique équestre. »

C’est cette aspect de la carrière de Jean-Louis Rouchy que nous aurions aimé connaître plus profondément et l’on peut regretter que son ouvrage ne se soit pas uniquement focalisé sur cet aspect, quitte à étayer la réflexion sur ce travail par des rappels, qui auraient alors été sans doute plus pertinents dans le cadre d’un tel ouvrage, de l’œuvre et des préceptes des grands écuyers de l’Équitation de Tradition Française.

C’est donc un sentiment ambigu que l’on garde en refermant cet ouvrage qui intéressera probablement plus une personne passionnée par les sujets de l’équithérapie et du handisport, ou curieuse d’une belle expérience humaine et équestre, qu’un cavalier à la recherche d’un guide technique ou d’une méthode.

Olivier