Mise en selle futuristeEquitation et simulateurs équestres.

Il y a quelques années un excellent mémoire de maitrise STAPS* étudiait l’impact d’un entrainement sur simulateur préalable pour l’acquisition du trot enlevé chez des cavaliers débutants (bidasses de leur état) et concluait qu’on ne pouvait pas dire (si l’on revendiquait un minimum d’esprit scientifique) si les différences notables entre les deux groupes de cobayes étaient dues seulement à quatre heures de pratique « en plus » pour le groupe simulateur ou aux bienfaits du simulateur lui-même.

Ledit simulateur essayait de recréer les mouvements perçus sur le dos d’un cheval. Pour ce faire, une technologie avancée digne des simulateurs de vol de l’aviation avait été mise en œuvre par un trio d’ingénieux ingénieurs. À la louche, on avait à l’aide d’un jeu de huit ou dix vérins reproduit les mouvements du dos d’un cheval en 3D. Pour ce faire on avait tout mesuré sur des chevaux, grâce a des accéléromètres placés sur un surfaix qui codifiaient les amplitudes et accélérations des déplacements du dos dans les trois dimensions, et ce avec de nombreux chevaux.

Ce qui fait que ce bijou technologique pouvait reproduire, selon les données que l’on offrait à son petit cerveau de silice, le trot de Prince noir ou le galop de Daisy. Comble de la ressemblance, un cavalier expert connaissant lesdits chevaux les reconnaissaient. Ceci pour valider la cohérence des mouvements reproduits, et au passage le degré de sentiment d’un cavalier expert !

Or donc, ce simulateur n’étaient pas parfait mais atteignait dans la reproduction des mouvements des allures une certaine rigueur.

On a pu reprocher très vite à simulateur 1 de ne pas être « interactif », ce qui est somme toute plutôt une bonne remarque. En effet, la pratique équestre n’est-elle pas par essence interaction ?

Il lui a donc été adjoint toute une batterie d’écrans, capteurs, tenseurs et autres avantages bioniques sans jamais égaler le vrai cheval… et il tomba quasiment dans l’oubli.

Bientôt, on a vu un simulateur plus qualifié dans ce domaine pointer le bout de ses naseaux.

Qu’en était-il vraiment de la fameuse interactivité de simulateur 2, était-elle enfin au service de l’art équestre ?

Une rupture technologique drastique avait donc eu lieu, et pour ce faire comme disent les anglais, non sans humour, « simple is the best ». Il faut donc noter que, pour aller à l’essentiel de l’interactivité de base, il a fallu sacrifier pas mal de complexité en route. Contrairement à simulateur 1, l’avant de la selle sur simulateur 2 ne monte pas par rapport à l’arrière comme sur un cheval normal, seule la croupe monte…

Ensuite, pour les allures sur simulateur 2, il n’y a qu’un variateur de vitesse qui fait monter plus ou moins vite l’arrière du « cheval ».

Alors, quid du galop ? L’arrière du corps de cheval en résine qui tient lieu de monture sur simulateur 2 est « monté souple », ce qui permet grâce à votre déhanchement disgracieux au possible, de pousser l’arrière de la machine légèrement de côté. Ce faisant, et avec beaucoup d’imagination, ce dont ne manquent pas les cavaliers, nous voilà au soi-disant galop  d’un cheval qui se traverse allègrement…

Bref, laissons de côté les considérations technologiques et passons en revue les bienfaits de l’un et de l’autre.

Simulateur 1 donc, n’est pas interactif mais vous fait sentir les « vrais » mouvements de la selle sur le dos d’un cheval, en 3D.

Simulateur 2, lui, est interactif et vous pouvez en premier lieu vous lier à lui, puis influer sur des mouvements qui ne reproduisent que de manière très lointaine la locomotion d’un cheval.

Les deux engins habitent deux corps en résine dont la froideur n’a d’égal que la rigidité.

Alors, lequel vous plait ?

Aucun ? Rassurez-vous, simulateur 3 vient de Corée.

Pierre

* Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives