musclesÊtre mieux dans son corps pour être mieux à cheval ?

Pour beaucoup de « cavaliers du dimanche », c’est-à-dire ceux qui ne montent à cheval en moyenne d’une à trois ou quatre fois par semaine et dont je fais partie, la pratique équestre tient à la fois lieu de sport et de loisir. Quelles que soient nos ambitions équestres : faire de la balade, du dressage, de l’obstacle, du complet… à la « maison » ou en compétition, nous gagnerions probablement à pratiquer une ou des activité(s) physique(s) complémentaire(s). En effet, est-il bien raisonnable d’espérer rester à cheval souple et détendu, discret et efficace, doux et précis… si l’on a pour seules activités physiques quelques séances hebdomadaires d’équitation ?

Ça paraît évident, dit comme ça, et pourtant, combien d’entre nous sont-ils prêts à perdre un peu de temps à pied pour en gagner à cheval ? Si j’en crois ce que j’ai pu voir jusqu’à présent, pas tant que ça… Et je dois bien reconnaître que, comme beaucoup, cette idée ne m’avait pas vraiment effleuré l’esprit lorsque j’ai commencé l’équitation.

C’est un livre de Michel Robert, Secrets et méthodes d’un grand champion, qui m’a ouvert les yeux. Ce cavalier pour lequel j’avais et je garde une grande admiration se maintient au plus haut niveau malgré un âge déjà avancé et a su garder une souplesse et une ligne rares. Bien évidemment, il ne s’agit pas de comparer cavaliers amateurs et professionnels, mais si des gens comme lui ou comme L. Beerbaum, qui a cosigné un ouvrage sur la gymnastique du cavalier, ont pris la peine de s’intéresser au sujet, il doit bien y avoir une bonne raison. Ces professionnels passent des heures et des heures à cheval, jour après jour. On pourrait penser que cela suffit à les conserver souples et liants. Pourtant, malgré cette pratique équestre intensive, ils prennent le temps d’entretenir leur souplesse et leur condition physique par des exercices appropriés.

Michel Robert nous dit :

Prendre le temps d’améliorer notre condition physique ne sera jamais du temps perdu mais plutôt un bon moyen de progresser plus vite à tous niveaux. Un esprit sain dans un corps sain pour votre confort et celui de votre cheval !

Pour Ludwig Beerbaum :

La pratique de l’équitation soumet le corps à des contraintes différentes de celles des travaux quotidiens. C’est pourquoi les cavaliers ont besoin, tout comme les autres sportifs, de gymnastiques et de sports de compensation adaptés pour se préparer de manière adéquate aux compétitions et améliorer en permanence leurs aptitudes à l’équitation

Vous l’aurez remarqué, ces deux champions de CSO semblent mus par des préoccupations différentes (bien-être et harmonie d’un côté, compétitivité de l’autre). Pourtant, les deux se rejoignent sur l’importance de se donner, par des exercices appropriés, les moyens d’être meilleur cavalier (meilleur dans son contact, meilleur dans ses résultats).

Mais n’allez pas imaginer que ces recommandations ne s’adressent qu’aux aficionados du saut d’obstacles.

William Müseler, l’un des auteurs « incontournables » sur l’assiette, ne nous dit pas autre chose dans son trop mal connu, de ce côté-ci du Rhin, Équitation :

Si l’on attribue trop d’importances aux assouplissements à cheval, on sous-estime toujours la valeur des assouplissements à terre. La mauvaise attitude et les raideurs, congénitales ou par manque d’exercice physique, sont de lourds handicaps pour l’assiette.

[…]

En dehors de ces assouplissements à terre, aucun moyen ne permet d’améliorer la position des jambes ou de leur donner aisance et décontraction.

Nuno Oliveira lui-même rappelle :

Nous conseillons à tous ceux qui se préoccupent d’être bien à cheval et d’acquérir une bonne position ; de faire suffisamment d’exercices gymnastiques. Ils donnent de la souplesse, de l’aisance et de la solidité à cheval.

Tout le monde semble donc bien d’accord. Reste à savoir quelles pratiques sont à favoriser : fitness, arts martiaux, stretching, running, vélo, natation, yoga… Pour ma part, j’ai choisi, comme pratique extra équestre principale, le yoga. Mais je vous en parlerai plus amplement dans un prochain article.

Olivier