introspectionLa véritable performance ne serait-elle pas de donner à voir un cheval capable de toutes les prouesses de la haute école, dérouler sa reprise d’équitation classique en filet simple, mors chantilly, et son cavalier main sans gant et talon nu, aux aides quasiment invisibles ?

Ce cheval se déplacerait aisément, avec fluidité, son nez légèrement en avant de la verticale de son chanfrein le plus souvent, ses hanches ployées, ses gestes déroulés entièrement et avec soin, sans précipitation, sa bouche complétement libre d’exprimer à tous les imperfections de son cavalier s’il en était.
Ainsi serait faite la démonstration du tact, de la légèreté, du dialogue et d’une grande technique.
Les aides parfaitement maitrisées du cavalier et la grande finesse de sa communication avec son partenaire cheval deviendraient alors quasiment invisible aux yeux des spectateurs. La sérénité du cheval laissant voir toute la beauté d’un geste libre et totalement consenti lorsque la demande plus que discrète du cavalier s’exprime à lui.
Entièrement tournés l’un vers l’autre, homme et cheval en une indiscutable communion offrirait l’œuvre d’un travail minutieux, patient, respectueux où la domination ne dépasse pas l’accord social tacite que la nature a prévu pour Equus.
Point de lutte ou de force dans le dressage mais seulement la construction intelligente d’une relation opportuniste où chacun révèle à l’autre en quoi une activité partagée peut être heureuse. Un bonheur réciproque… Une association bénéfique…

Je me demande…
…Doit-on accepter qu’utiliser le cheval est obligatoirement le rendre malheureux, le réduire à un objet de consommation éphémère, un objet de spéculation économiquement attractif et porteur de gloire pour le spéculateur, un vecteur de notoriété ou “comment inscrire son nom dans la courte histoire humaine”…?
A-t-on besoin de spectateurs pour valider le plaisir d’être à cheval ?
A-t-on besoin de médailles pour être convaincu qu’on l’aime vraiment ?
L’aime-t-on vraiment, LUI, pour ce qu’il est ?
Ou aime-t-on d’abord l’équitation pour laquelle il est indispensable ?
Le cheval est-il au service de notre accomplissement équestre ou mettons-nous notre plaisir équestre au service de son intégrité physique ?
A quoi vous sert l’équitation ?
En répondant en votre âme et conscience à toutes ces questions je crois que vous saurez alors quel type d’équitation vous convient.

Maryan