Cheval cabré - Léonard de VinciL’Équitation de Tradition Française fait parler d’elle, mais le principal problème semble toujours que chacun est persuadé d’être plus pur que le voisin quant à son approche de ces savoir-faire. Aussi m’est-il venu une question l’autre jour. Que devraient être les compétences d’un dresseur d’Équitation de Tradition Française pour recevoir l’aval de tous ses pairs afin d’obtenir un titre d’enseignant en Équitation de Tradition Française ?

Bien entendu, ce titre ne pourrait s’obtenir qu’en présentant devant la commission adéquate, comprenant un tenant de chaque courant de la «manière française», un cheval selon les règles suivantes, sans aucun accommodement ni équivalence. Il y aurait alors un avant la mise en place de ce titre et un après, toute personne désirant être reconnue digne du titre devant absolument passer l’examen, puisque autrement il pourrait toujours y avoir quelqu’un qui ne  le reconnaîtrait pas.

Assiette

Le candidat devrait présenter une attitude générale basée sur une «assiette profonde» et ce aux trois allures avec et sans étriers sans l’aide des rênes. Une partie du test se ferait donc à la longe sans rênes.

Pour faire bonne mesure il devrait être capable de sauter sans étriers dans la position «en avant» et celle «au fond de la selle» des obstacles d’environ 70 centimètres sur un cheval choisi au pied levé par tirage au sort.

Il devrait aussi, toujours sans étriers, être capable de dérouler un trot moyen sans «taper du cul», c’est-à-dire pouvoir faire un trotting dehors en terrain varié sans étriers avec un cheval tiré au sort.

Tout ceci visant à satisfaire ceux qui pensent que l’ équitation est avant tout une affaire de solidité et de liant en selle.

Dressage

Le candidat devrait avoir amené seul, un cheval aux airs du grand prix en présentant au moins, sur des rênes visiblement molles, un cheval capable d’aller dans le relèvement maximal de son encolure, un chanfrein dépassant la verticale avec malgré tout des hanches diligentes. Tout ceci serait exécuté avec une liberté de la tête due à un contact aussi léger que possible, et dans des allures dépourvues de mollesse, avec des dos souples transmettant harmonieusement la poussée des postérieurs. Ce n’ est pas gagné !

Les mouvements suivants seraient essentiellement observés :

  • Appuyers aux trois allures, avec amplitude, départ dans l’appuyer sans aucun entablement, car le dérapage des hanches vers l’intérieur de l’appuyer est considéré par certains comme une faute technique majeure, mais il faudrait peut être aussi prouver que l’on sait entabler.
  • Transitions trot rassemblé, de travail, trot moyen (on oubliera le trot allongé car le cavalier n’est pas censé dresser des «machines de guerre») avec variations du cadre dans lequel le cheval travaille.
  • Transitions galop rassemblé, de travail, moyen, allongé avec les mêmes variations de cadre.
  • Transition galop / pas fluides.
  • Transition pas / galop sans que le cheval se traverse.
  • Piaffer au moins 10 battues sur des rênes qui respirent.
  • Passager au moins 20 battues sur des rênes qui respirent.
  • Voltes au galop dans la rectitude (pas de hanches dedans).
  • Changement de pied isolé en piste intérieure pour juger de la rectitude.
  • Changer de pied au temps au moins 10 foulées.
  • Zigzag au galop 4, 6, 6, 6, 4 avec changement de pied en l’air à chaque inversion.
  • Pirouette de travail sans cheval qui tombe vers le dedans, diamètre 2 mètres pour les postérieurs.
  • Les chevaux devront aussi démonter leur aptitude à aller dans le «bas et long» aux trois allures et à passer des transitions d’une allure à l’autre dans cette attitude.
  • Les chevaux devront démonter leur aptitude à passer le test :
  1. De la remise de prix ;
  2. De la musique forte ;
  3. Du public qui applaudit ;
  4. Des banderoles de bord de carrière…

En restant calme sans que le cavalier ne doivent maintenir en ordre par des subterfuges (piaffer obligé par exemple).

Moyennant quoi le dresseur se verrait attribuer un DPJEPS d’Équitation de Tradition Française, sous réserve qu’il ait passé une épreuve de pédagogie où il aura démontré qu’il va à l’essentiel dans son approche de l’enseignement, en faisant progresser «in situ» un couple et en recueillant un avis favorable d’au moins les ¾ du jury.

Pierre