Don QuichotteVous connaissez Don Quichotte qui, la tête pleine de romans épiques, part dans le monde pour vivre lui aussi de belles et grandes choses ? Le monde sera ce que son imaginaire en fera. Il tordra le cou à la réalité et quelquefois se cassera le sien… du coup.

Amusant de voir comment Gustave Doré, l’illustrateur, nous montre l’attitude des montures de ces deux personnages.

Rossinante, le cheval de Don Quichotte, prend un trot rebondi de parade, ou plutôt de fanfaronnade, tête haute, à la retourne, oreilles couchées. Il est, je le crains, bien raide, à l’image de son cavalier dont les ambitions chevaleresques dépassent de beaucoup ses moyens réels.

L’âne de Sancho, lui, ne cherche pas à paraître mais fait son boulot tranquillement. Son attitude est raisonnable, il regarde où il met les pieds plutôt que les étoiles, se tient à l’écart du précipice et s’il ne montre pas un enthousiasme extraordinaire, on sent qu’il peut aller loin.

Comparaison hasardeuse et caricaturale, je le concède, mais je ne peux m’empêcher de penser aux chevaux au physique ingrat à qui l’on demande tout de même de danser comme des athlètes en ayant recours au bauchérisme deuxième manière.

Jean-Denis Casanave