Pourquoi structurer une séance type de travail sur le plat est essentiel pour un cheval détendu
Organiser une séance type de travail sur le plat, du pas au galop, permet de garder un cheval détendu, disponible et physiquement prêt à l’effort. Une structure claire rassure le cheval, aide le cavalier à rester cohérent et évite de tomber dans des routines improvisées souvent peu efficaces.
L’objectif d’un bon travail sur le plat n’est pas uniquement d’obtenir des allures spectaculaires, mais de construire un cheval équilibré, souple, droit et attentif. Chaque phase de la séance – du début au pas jusqu’aux derniers moments d’étirement – a un rôle précis dans la progression du couple cheval–cavalier.
Préparer le cheval et le cavalier : la base d’une séance de plat réussie
Une séance type de travail sur le plat commence avant même de se mettre en selle. La préparation est un moment clé pour instaurer du calme et de la confiance.
Quelques points à vérifier avant de monter :
- Un pansage soigné pour activer la circulation et vérifier l’absence de douleurs ou de blessures.
- Un contrôle rigoureux de la selle et du filet : ajustement du sanglage, position du tapis, état des cuirs.
- Un cheval déjà un minimum concentré : marcher en main quelques minutes, l’habituer à l’environnement (carrière, manège, extérieur).
Pour le cavalier, la disponibilité mentale est tout aussi importante : définir l’objectif de la séance de plat (souplesse, transitions, incurvation, travail au galop) permet d’adapter les exercices, la durée et l’intensité.
Démarrer au pas : installer calme, décontraction et mise en avant
Le pas est le moment idéal pour poser les bases d’un cheval détendu et disponible. Trop souvent négligée, cette phase initiale conditionne pourtant la qualité de tout le travail au trot et au galop.
Commencer par 10 à 15 minutes au pas est une bonne référence, à adapter en fonction de l’âge, de la condition physique et de la météo. L’idée est de laisser le cheval mobiliser ses articulations progressivement, sans tension excessive.
Au pas, le cavalier peut déjà travailler :
- La rectitude sur de longues lignes droites, rênes longues ou légèrement ajustées.
- Les courbes larges (cercles de 20 m, serpentines) pour encourager l’incurvation sans forcer.
- Des transitions pas–arrêt–pas pour obtenir de la réactivité légère à la jambe et à l’assiette.
- Des variations d’amplitude dans le pas : pas moyen, pas allongé, puis retour à un pas plus rassemblé, sans perte de calme.
L’objectif principal de ce début de travail sur le plat est un cheval qui marche franchement, dans un rythme régulier, en cherchant à étendre son encolure vers le bas, signe d’un début de décontraction.
Premiers exercices au trot : rythme, rectitude et souplesse
Une fois le cheval échauffé au pas, le passage au trot doit se faire dans la continuité de cette mise en avant calme. La première transition pas–trot doit être nette, mais jamais précipitée. Un cheval qui se tend et se précipite au trot manque souvent de préparation au pas.
Au trot, on installe les fondations d’un bon travail sur le plat :
- Rechercher un trot régulier, sans variations de vitesse non demandées.
- Alterner cercles de 20 m, puis de 15 m, en veillant à garder le même rythme.
- Travailler la rectitude sur la longueur de la carrière pour éviter les épaules qui s’échappent.
- Introduire des serpentines à trois ou quatre boucles pour améliorer la souplesse latérale.
Le cavalier doit garder un contact léger mais stable, ne pas figer la main, et accompagner le mouvement avec son bassin. Le cheval détendu au trot se reconnaît à un souffle régulier, une nuque mobile et une encolure qui oscille légèrement au fil des foulées.
Les transitions pas–trot–pas : clé d’un cheval attentif et disponible
Les transitions sont un pilier du travail sur le plat. Elles développent l’équilibre, l’engagement des postérieurs et l’attention du cheval aux aides. Pour une séance type efficace, il est intéressant d’intégrer de nombreuses transitions pas–trot–pas, sur des lignes droites comme sur des courbes.
Quelques idées d’exercices :
- Sur la piste, tous les 10 à 15 mètres, alterner trot et pas, puis repasser au trot.
- Sur un cercle de 20 m, demander une transition au pas sur un quart de cercle, puis repartir au trot.
- Intercaler des arrêts francs (trot–pas–arrêt puis départ au pas, puis au trot) pour affiner la réponse aux aides.
Les critères de qualité à rechercher :
- Des transitions nettes mais fluides, sans résistance dans la bouche.
- Un cheval qui reste droit, ne dévie pas de sa trajectoire.
- Un maintien du rythme dans chaque allure, sans ralentissement ni précipitation après la transition.
Ces transitions fréquentes préparent parfaitement le passage au galop, en mobilisant le dos et les hanches du cheval.
Aborder le galop dans le calme : optimiser le départ et la stabilité
Le galop est souvent un moment plus sensible pour certains chevaux. Pour que le travail au galop reste compatible avec un cheval détendu et disponible, le départ doit être préparé et réfléchi.
Avant le premier départ au galop, vérifier :
- Un trot stable, sans accélérations non demandées.
- Un cheval qui répond déjà bien aux transitions montantes et descendantes.
- Une incurvation correcte sur le cercle, essentielle pour un départ sur le bon pied.
Pour le premier départ au galop, choisir généralement un cercle de 20 m plutôt que la ligne droite. L’exercice type :
- Installer un trot calme et régulier sur le cercle.
- Préparer la transition avec une légère incurvation, une jambe intérieure à la sangle, une jambe extérieure légèrement reculée.
- Demander le départ avec l’assiette, sans tirer sur la main, en gardant le buste vertical.
Une fois au galop, on recherchera :
- Un galop cadencé, ni trop rapide ni trop lent.
- Un cheval qui ne se couche pas vers l’intérieur du cercle.
- Un contact stable, sans s’agripper aux rênes pour « tenir » le cheval.
Au début, il est souvent préférable de ne conserver que quelques tours de galop avant de repasser au trot, afin d’éviter la fatigue et la perte d’équilibre.
Transitions trot–galop–trot : renforcer l’engagement et l’équilibre
Quand le galop est installé dans le calme, les transitions trot–galop–trot permettent de perfectionner le travail sur le plat. Elles développent la force, la coordination et la disponibilité mentale du cheval.
Exemples d’exercices à intégrer dans une séance type :
- Sur un cercle de 20 m, demander un départ au galop, garder 10 à 15 foulées, puis repasser au trot sur le même cercle.
- Sur la diagonale, galop–transition trot au milieu–repartir au galop dans l’autre main.
- Enchaîner trot–galop–trot sur la piste, à des endroits précis (par exemple, à chaque coin ou lettre de la carrière).
Les points de vigilance pour garder un cheval détendu :
- Ne pas multiplier les transitions à un rythme effréné : mieux vaut quelques transitions de qualité que des répétitions précipitées.
- Veiller à ce que le cheval reste dans la main, sans ouvrir la bouche ni secouer la tête.
- Redescendre au pas et détendre quelques instants si la tension monte.
Incurvation, cercles et lignes courbes pour assouplir le cheval sur le plat
Un travail régulier sur les courbes et les cercles contribue à la souplesse latérale et à un meilleur engagement des postérieurs. Dans une séance type de travail sur le plat, du pas au galop, ce volet ne doit pas être oublié.
Quelques exercices utiles aux trois allures :
- Au pas puis au trot, enchaîner des cercles de 20 m, puis de 15 m, en veillant à garder l’équilibre.
- Réaliser des serpentines à trois ou quatre boucles au trot, avec des changements d’incurvation progressifs.
- Au galop, travailler sur un grand cercle, puis alterner cercle et ligne droite.
L’incurvation correcte se traduit par un cheval qui se plie autour de la jambe intérieure, reste stable entre les deux rênes, sans se renverser vers l’extérieur ni s’échapper par l’épaule.
Fin de séance sur le plat : revenir au pas pour un cheval détendu et étiré
La fin de la séance de travail sur le plat est tout aussi importante que son début. C’est le moment de revenir progressivement au calme, de faire redescendre le rythme cardiaque et d’offrir au cheval la possibilité d’étirer sa musculature.
Après les derniers exercices au trot ou au galop, repasser au pas et laisser filer les rênes progressivement. L’objectif est de conserver la mise en avant sans tension dans la nuque. Le cheval doit pouvoir baisser l’encolure, étendre son dos et se balancer librement dans sa marche.
Quelques bonnes habitudes à instaurer :
- Marcher au pas 5 à 10 minutes, en ligne droite et sur de larges courbes.
- Varier légèrement la longueur de rênes pour encourager l’extension de l’encolure.
- Surveiller le souffle du cheval et attendre un retour au calme avant de mettre pied à terre.
Cette phase finale laisse une impression positive de la séance. Le cheval en garde le souvenir d’un travail exigeant mais confortable, ce qui prépare favorablement les séances suivantes.
Adapter la séance type de travail sur le plat au niveau du cheval et du cavalier
Une structure de séance de travail sur le plat, du pas au galop, offre un cadre rassurant, mais elle doit rester souple. Chaque cheval progresse à son propre rythme et chaque cavalier possède ses forces et ses limites.
Pour tirer le meilleur parti de cette organisation :
- Adapter la durée de chaque phase (pas, trot, galop) à la condition physique du cheval.
- Limiter le galop chez les jeunes chevaux au profit de transitions pas–trot et trot–pas.
- Privilégier la qualité du contact, la régularité du rythme et le calme plutôt que la complexité des mouvements.
- Alterner les séances de plat plus techniques avec des séances plus « légères » ou du travail en extérieur pour la motivation.
Un cheval détendu et disponible est le résultat d’un travail cohérent, progressif et respectueux. En structurant chaque séance de travail sur le plat, du pas au galop, le cavalier se donne les moyens de progresser tout en préservant la santé physique et mentale de son cheval.

