Une_AL’enseignement reçu en club, dans un premier temps de ma jeune vie équestre, avait fini par me faire fuir l’équitation. Cependant, je gardais en tête ce à quoi j’aspirais et mon amour des chevaux avec le fervent espoir d’un jour trouver un lieu tourné vers le dressage mais surtout un enseignant pédagogue, respectueux des chevaux et des cavaliers.

Ce jour arriva, après plusieurs années, et sur les conseils d’une rencontre fortuite, je me présentais à cet enseignant qui me demanda : « quel genre de chevaux aimes-tu ? » Je répondis : « pas trop petit et large, costaud avec de belles encolures bien sorties, pas trop speed »… Il m’octroya donc une jument Selle Français, baie, massive… pas trop « speed » !

J’étais encore bien débutante et peu expérimentée, je me suis épuisée une heure durant à tenter de convaincre cette brave bête confortable et sans motivation de se déplacer avec une impulsion qui lui faisait totalement défaut. Le profil type du cheval de club qui sait des choses mais préfère essayer d’endormir mémère débutante plutôt que de se mettre à l’effort. Malgré cela l’enseignant était un vrai dresseur, soucieux du travail des chevaux, de transmettre son savoir et de conduire ses cavaliers à l’autonomie dans une atmosphère sereine.

Consciente de mes lourdes lacunes équestres face à cette brave jument roublarde pleine de métier, cette séance fatigante ne me fit pas renoncer. Je me présentais donc pour mon second cours.

Sur le cahier des cours, nous inscrivions nos noms dans les reprises auxquelles nous souhaitions participer la semaine suivante. L’enseignant indiquait à côté quel cheval il nous attribuait. A côté de mon nom, pour cette deuxième reprise, je ne reconnus pas le nom de la jument montée la semaine précédente. Je ne comprenais pas bien d’ailleurs ce qui était écris. Je me dirigeais donc vers les écuries, sans trop savoir ce qui m’attendait et j’aperçus mon enseignant. « Bonjour Maryan, tu as vu, je t’ai changé de cheval ». « Oui, oui, j’ai vu… ??? » « C’est une petite jument, ne t’inquiète pas -mais pourquoi devrais-je m’inquiéter ???- , je crois que ça t’ira mieux que celle de la dernière fois, vous devriez vous entendre ».
Il m’indique le box, je m’y rends et là, je découvre une petite trotteuse étroite, l’antérieur s’agitant en l’air comme quémandant quelque chose. Je la trouve bien mignonne mais totalement inverse de « mon type de chevaux ».

Une fois arrivée sur la carrière, on me prévient que la petite ablette démarre au montoir… Effectivement, pour démarrer, elle démarre, à peine a-t-elle senti le pied dans l’étrier elle est presque déjà au trot, c’est sport ! Une fois en selle, j’ai juste l’impression d’être assise sur … rien, tellement elle a peu d’encolure et en plus elle ne pense qu’a courir et accélérer , j’en ai plein les mains ! Et pourtant…Ce fut un coup de foudre immédiat, je me suis sentie bien et en confiance.

Je l’ai monté dans ce club durant 7 ans. Pendant tout ce temps j’ai monté aussi d’autres chevaux de clubs ou de propriétaires. Je n’avais jamais envisagé d’avoir mon propre cheval jusqu’ à cette rencontre. Je l’ai acheté lors de sa réforme et nous avons partagé encore 10 ans d’équitation ensemble, aujourd’hui elle est en retraite totale, je m’occupe d’elle tous les jours et tous les jours, je m’émerveille de sa présence dans ma vie.

Lorsque la fin de sa carrière équestre s’est fait ressentir, je me suis interrogé sur la relève. Pour moi, les animaux qui partagent ma vie sont des rencontres, je ne me voyais pas faire les annonces. J’avais envie de petits chevaux vifs : trotteurs, pur-sangs arabes,…
Et ma seconde rencontre coup de foudre, je l’ai eu… Une belle jument selle français bien carénée avec un port de tête dans les nuages, 10 cm de plus en hauteur que ma trotteuse et le double en largeur ! Encore rien à voir avec mes envies, à part l’impulsion !

Si le choix de votre futur cheval ne se détermine pas sur les critères que vous imposeraient des objectifs en compétition, soyez ouverts d’esprit, il se produit parfois des rencontres improbables mais magiques.

Maryan