Le trotting cheval est souvent présenté comme « la sortie footing » de votre monture. Pourtant, ce travail au trot, apparemment simple, est en réalité un outil d’entraînement extrêmement précis, qui peut transformer la condition physique, la locomotion et le mental de votre cheval s’il est bien pensé. À l’inverse, un trotting mal préparé, trop long ou réalisé sur un mauvais terrain peut générer fatigue, défenses, voire blessures. Pour un cavalier amateur, savoir comment faire un trotting utile est donc une vraie compétence de base, au même titre que savoir détendre au pas ou réaliser un galop de travail équilibré.
Sur un blog d’équitation dédié à la pratique amateur, le trotting mérite une place à part entière, car il est accessible, peu coûteux, faisable sans installations sophistiquées et adaptable à presque toutes les disciplines : dressage, CSO, complet, loisir, randonnée, endurance… Que vous montiez 2 ou 5 fois par semaine, intégrer des séances de trot en extérieur ou en carrière, structurées en minutes de travail et de récupération, peut vraiment faire la différence sur le souffle, le dos et la musculature de votre cheval. Mais il ne s’agit pas simplement de « partir trotter 40 minutes » sans réfléchir.
Dans cet article, vous allez découvrir de manière détaillée ce qu’est réellement un trotting, à quoi il sert, comment organiser une séance progressive et sécurisée, comment choisir entre travail en continu ou en fractionné, et quelles erreurs éviter pour ne pas faire plus de mal que de bien. Vous trouverez aussi des exemples concrets de séances, exprimées en minutes, que vous pourrez adapter selon l’âge, le niveau et l’état de forme de votre cheval. L’objectif est que vous puissiez, dès votre prochaine sortie, proposer à votre monture un trotting structuré, lisible, agréable pour lui et efficace pour améliorer sa condition générale.
Qu’est-ce que le trotting pour le cheval et à quoi sert-il ?
Dans le langage des cavaliers, le trotting désigne une séance de travail essentiellement axée sur le trot, généralement réalisée en extérieur, sur des chemins ou des pistes variées. Le principe est simple : alterner du pas et du trot (parfois un peu de galop), sur une durée donnée, pour développer l’endurance, le souffle et la musculature du cheval, tout en préservant son moral grâce à un cadre plus ludique que la carrière.
Le trotting se distingue d’une simple balade au trot par son caractère structuré. Vous ne partez pas « au hasard » : vous décidez à l’avance combien de minutes au pas, combien de minutes de trot, quelles allures utiliser dans telle portion du parcours, et avec quel objectif de travail (cardio, dos, engagement, moral). Ce n’est pas non plus une séance de dressage : la priorité n’est pas sur la précision des figures ou la mise sur la main, mais sur la régularité de l’allure, l’attitude générale et la capacité du cheval à soutenir un effort modéré mais prolongé.
Pour le cheval, le trotting cheval est l’équivalent d’un footing pour un coureur à pied : un effort essentiellement en aérobie, à intensité faible ou moyenne, mais suffisamment long pour stimuler le système cardio-respiratoire, les muscles posturaux et l’appareil locomoteur (tendons, ligaments, articulations). Bien utilisé, ce type de travail est idéal pour :
- Remettre en condition un cheval après une période de repos
- Entretenir la forme entre deux saisons de concours
- Préparer un cheval de loisir à de plus longues randonnées
- Améliorer le souffle d’un cheval un peu « court » en reprise de dressage ou en parcours de CSO
Le trotting n’est pas réservé aux chevaux d’endurance ou de complet. Un cheval de club qui sort une ou deux fois par semaine, un cheval de dressage qui a besoin de varier son travail, un jeune cheval qui doit apprendre à gérer son équilibre en extérieur, tous peuvent bénéficier de séances de trot bien pensées. L’idée est de proposer un effort dans une allure intermédiaire, moins violente que le galop mais plus engagée que le pas, en veillant à rester dans une zone de « confort d’effort » où le cheval respire régulièrement, sueur légère, sans essoufflement excessif.
Ce type de travail devient particulièrement intéressant lorsque le cavalier sait adapter la durée, l’intensité et la fréquence des trottings en fonction de son cheval. Un jeune cheval, un cheval âgé, un cheval en surpoids ou au contraire très sportif, ne seront pas gérés de la même façon. Comprendre ce qu’est réellement un trotting, ce n’est pas seulement savoir trotter en extérieur, c’est surtout savoir à quoi sert chaque minute de trot pour votre cheval et quel type de progression mettre en place sur plusieurs semaines.
Les bienfaits du trotting pour votre cheval : physiologie, mental, longévité
Les bienfaits du trotting pour le cheval vont bien au-delà de la simple « dépense d’énergie ». Lorsqu’il est bien planifié, ce travail régulier au trot agit sur plusieurs plans : cardio-respiratoire, musculaire, locomoteur, mais aussi mental. Comprendre ces effets permet de mieux doser vos séances et d’en tirer le maximum pour votre cheval, sans basculer dans la surcharge.
Sur le plan cardio-respiratoire, le trotting permet de travailler dans une zone d’effort modéré, idéale pour développer l’endurance de base. Le cheval apprend à maintenir une allure régulière, une respiration rythmée, sur une durée progressive : 5 minutes de trot, puis 8, puis 10 minutes continues, etc. Ce type de travail améliore la capacité du cœur et des poumons à fournir de l’oxygène aux muscles, sans créer d’acidité excessive comme lors d’efforts très intenses. À la longue, votre cheval récupère plus vite après l’effort, se fatigue moins vite en carrière et tient mieux la distance sur un parcours ou une reprise.
Musculairement, le trot est une allure symétrique, très intéressante pour solliciter de façon relativement équilibrée les deux côtés du cheval. En trotting, on travaille souvent sur de longues lignes droites ou de grandes courbes, ce qui permet d’étirer la ligne du dessus, de renforcer les abdominaux et les muscles fessiers, et de favoriser l’engagement des postérieurs. À condition de garder un trot de travail, ni trop précipité ni traînant, vous aidez votre cheval à mieux utiliser son dos. Sur terrain légèrement varié, les chevaux apprennent aussi à stabiliser leur équilibre, ce qui renforce les muscles profonds.
Au niveau de l’appareil locomoteur (tendons, ligaments, articulations), un trotting régulier, sur des terrains adaptés, est un outil précieux pour « préparer » le cheval aux efforts plus intenses. L’alternance de pas et de trot, sur des durées maîtrisées, permet aux tissus de s’adapter progressivement à la charge. Cela limite les risques de tendinites ou d’entorses lorsque le cheval va sauter, galoper plus vite ou faire des mouvements plus exigeants en dressage. La clé est de respecter une progression, de ne pas allonger brutalement le temps de trot d’une séance à l’autre, et d’éviter les sols trop durs ou trop profonds.
Sur le plan mental, le trotting cheval a un avantage immense par rapport à certaines séances répétitives en carrière. Pour beaucoup de chevaux, sortir sur les chemins, voir un environnement différent, trotter sur de longues lignes droites avec un contact léger, est très bénéfique. Cela casse la routine, réduit le stress, permet aux chevaux anxieux de se défouler de façon cadrée, et aux chevaux « froids » de se remettre en avant dans un cadre stimulant. Un cheval dont le moral est préservé progresse plus volontiers dans son travail de dressage ou d’obstacle.
Enfin, sur la longévité sportive, le trotting bien mené participe à maintenir un bon poids, une musculature harmonieuse, des articulations entretenues. Un cheval qui entretient sa condition de manière régulière, avec des séances de trot adaptées, aura plus de facilité à rester en activité longtemps. Pour vous, cavalier amateur, cela signifie un compagnon plus disponible, plus confortable à monter, avec moins de risques de blessures liées à un manque de condition ou à des efforts trop brusques.
Comment préparer et organiser un trotting efficace (équipement, terrain, sécurité)
Pour que le trotting soit bénéfique, il ne suffit pas d’enchaîner des minutes de trot. La préparation de la séance, le choix du terrain, l’équipement et la sécurité sont essentiels pour protéger votre cheval et vous assurer un vrai travail de qualité. Un trotting bien organisé commence avant même de poser le pied à l’étrier.
Côté équipement, votre cheval doit être harnaché comme pour toute sortie en extérieur, avec un matériel adapté et confortable. Une selle bien ajustée est indispensable, car vous allez passer une bonne partie du temps en équilibre ou en suspension au trot. Vérifiez le sanglage, l’état du tapis (pas de plis, pas de frottements), la bonne longueur d’étriers pour être stable en équilibre. Selon le cheval et le type de terrain, des protections (guêtres, bandes de travail, cloches) peuvent être utiles pour prévenir les coups ou les blessures liées aux irrégularités du sol.
Pensez également à votre propre équipement : bombe obligatoire, gilet de protection recommandé si vous évoluez sur des terrains accidentés, gants pour garder un bon contact même si votre cheval tire un peu. Emportez un téléphone chargé, idéalement avec votre localisation activée, surtout si vous partez seul. Prévenez quelqu’un de votre itinéraire et de la durée estimée de votre trotting.
Le choix du terrain est un point clé. Un bon trotting se fait, autant que possible, sur un sol souple mais portant, ni trop profond ni pierreux. Les chemins en forêt, les pistes en herbe régulièrement entretenues, les allées cavalières sont idéaux. Évitez les sols très durs (chemins caillouteux, route goudronnée) pour les longues périodes de trot, car l’impact répété surcharge les articulations et les tendons. Quelques minutes ponctuelles sur route peuvent se tolérer, mais la majorité du travail au trot doit se faire sur terrain plus souple.
Si vous débutez un nouveau circuit, prenez le temps de le reconnaître d’abord au pas, pour repérer les zones dangereuses : trous, branches basses, passages glissants, traversées de route. Cela vous permettra ensuite de planifier votre séance de trotting : par exemple, 5 minutes de trot sur la longue allée en faux-plat montant, puis pas dans la descente caillouteuse, avant de reprendre 8 minutes de trot sur un chemin en herbe. Structurer votre travail avec le terrain réel, et non contre lui, est une condition pour faire un trotting à la fois efficace et sécurisant.
La sécurité dépend aussi de la gestion de votre cheval. Si votre monture est chaude ou craintive en extérieur, commencez par des sorties au pas, accompagné d’un autre cheval calme, avant de rajouter des phases de trot. Progressivement, vous pourrez augmenter les minutes de trot, mais gardez toujours le contrôle : mieux vaut un trot de travail calme, où vous pouvez reprendre et céder, qu’un trot précipité, dans lequel le cheval se met en danger. N’hésitez pas à repasser au pas dès que vous sentez la tension monter. Votre rôle est de garder un cadre lisible et rassurant, surtout pour un cheval peu expérimenté.
En résumé, un trotting cheval bien préparé s’appuie sur un matériel adapté, un terrain choisi avec soin, une gestion de la sécurité proactive et une organisation de la séance en fonction du parcours. C’est cette anticipation qui fait la différence entre « trotter en balade » et « faire un vrai travail de fond structuré » pour votre cheval.
Construire une séance de trotting : exemples de plans en minutes
Passer à la pratique nécessite de savoir combien de temps travailler, comment répartir le pas et le trot, et comment faire progresser votre cheval sur plusieurs semaines. Voici des exemples concrets de séances de trotting, exprimées en minutes, que vous pourrez adapter en fonction de l’âge, du niveau et de la condition de votre cheval.
Pour un cheval peu entraîné ou en reprise de travail après une pause (hors pathologie spécifique, toujours demander l’avis de votre vétérinaire si doute), une première séance pourrait ressembler à ceci :
- 10 minutes au pas actif pour échauffer (en main ou monté, sur terrain plat)
- 3 minutes de trot de travail en équilibre, sur sol souple
- 5 minutes au pas
- 3 minutes de trot
- 5 à 10 minutes au pas pour revenir au calme
Cette première séance dure environ 25 à 30 minutes, dont 6 minutes de trot. L’idée est de rester en deçà des capacités du cheval, pour pouvoir augmenter progressivement à la séance suivante. Si tout s’est bien passé (cheval peu essoufflé, récupération rapide, locomotion nette le lendemain), vous pouvez ensuite passer à :
- 10 minutes au pas
- 4 minutes de trot
- 4 minutes au pas
- 4 minutes de trot
- 5 à 10 minutes au pas
On atteint alors 8 minutes de travail au trot. Au fil des semaines, vous pouvez continuer à ajouter 1 à 2 minutes de trot par séance, en surveillant toujours les signes de fatigue. Pour un cheval déjà en bonne condition, un trotting « standard » pour entretenir la forme pourra aller jusqu’à 20 à 30 minutes de trot effectif, réparties en 2 ou 3 blocs, dans une séance totale de 50 à 60 minutes.
Exemple pour un cheval en forme, 3 fois par semaine au travail :
- 15 minutes au pas (énergie, incurvation légère, transitions pas-arrêt)
- 8 minutes de trot de travail, sur terrain plutôt plat
- 5 minutes au pas (descendre les jambes, étirer le dos)
- 8 minutes de trot, cette fois sur un léger faux-plat montant si possible
- 10 à 15 minutes au pas pour la récupération, éventuellement quelques lignes de trot très léger pour déverrouiller
Si vous souhaitez intégrer un peu de galop, faites-le de façon raisonnable et toujours après un vrai échauffement au trot :
- 15 minutes au pas
- 6 minutes de trot
- 3 minutes au pas
- 2 à 3 minutes de galop tranquille (deux fois 1 minute par exemple, pas forcément d’un seul tenant)
- 5 minutes au pas
- 6 minutes de trot de retour au calme (trot plus étiré, attitude basse)
- 10 minutes au pas
Ce qui importe, ce n’est pas seulement le total de minutes de trot, mais la manière dont vous les organisez. Pensez toujours en termes de bloc de travail + bloc de récupération. Écoutez la respiration de votre cheval, sentez son dos sous votre selle. Si le trot devient heurté, si le cheval se défend ou s’enferme, rallongez la phase de pas et réduisez légèrement la durée des prochains blocs. Il vaut mieux quelques minutes de moins mais bien réalisées qu’un trotting « ambitieux » qui laisse votre cheval épuisé ou raide.
Enfin, n’oubliez pas de planifier vos trottings dans la semaine. Pour un cheval qui travaille 3 à 4 fois, 1 à 2 séances de trotting bien faites suffisent largement pour maintenir ou améliorer l’endurance. Si votre cheval ne sort qu’une fois, privilégiez une sortie mixte : une première moitié de séance orientée trotting, puis quelques exercices légers de souplesse au pas et au trot pour entretenir la technique.
Trotting en continu ou en fractionné : comment choisir pour bien travailler votre cheval
Lorsqu’on parle de trotting cheval, une question revient souvent : faut-il trotter en continu pendant 20 ou 30 minutes, ou vaut-il mieux fractionner le travail en plusieurs blocs plus courts intercalés de pas ? Les deux approches ont leur intérêt, mais ne servent pas tout à fait les mêmes objectifs. Bien choisir permet d’adapter le trotting au profil de votre cheval.
Le trotting en continu consiste à maintenir le trot sans interruption sur une période assez longue, par exemple 15 à 25 minutes, après une bonne mise en route au pas. Ce type de travail est particulièrement utile pour développer l’endurance de base et la capacité du cheval à rester dans la même allure, au même rythme, sans variation brusque. Il est adapté aux chevaux déjà en bonne condition, avec un mental stable en extérieur, qui savent garder un trot de travail sans se précipiter.
Physiologiquement, le trotting en continu stimule le système aérobie de manière très efficace. Le cœur et les poumons travaillent de façon régulière, les muscles apprennent à gérer un effort prolongé. C’est un excellent outil pour les chevaux d’endurance, de complet, ou les chevaux de loisir amenés à faire de longues randonnées. Mais ce format demande une rigueur particulière sur le terrain (sol homogène, peu de dénivelé prononcé) et sur la durée : pour faire bien, mieux vaut un trot continu de 15 minutes de qualité qu’un « marathon » de 40 minutes qui met votre cheval dans le rouge.
Le trotting en fractionné, lui, alterne des périodes de trot et de pas, parfois avec quelques courtes séquences de galop. Par exemple : 5 minutes de trot, 3 minutes au pas, 5 minutes de trot, 3 minutes au pas, etc. Ce travail fractionné est intéressant pour plusieurs raisons. D’abord, il permet de maintenir une bonne qualité de trot à chaque reprise, car le cheval a le temps de récupérer partiellement au pas. Ensuite, il rend la séance plus variée mentalement, ce qui convient bien aux chevaux jeunes, aux chevaux un peu anxieux ou à ceux qui se déconcentrent facilement.
Du point de vue de la progression, le fractionné est souvent la meilleure option pour démarrer ou pour des chevaux peu entraînés. Vous pouvez jouer sur la durée des blocs de trot (de 2 à 8 minutes) et sur la longueur des récupérations (2 à 5 minutes au pas) pour ajuster précisément la charge de travail. Au fur et à mesure que le cheval gagne en endurance, vous augmentez légèrement les minutes de trot et vous réduisez un peu la récupération, jusqu’à être en mesure, si vous le souhaitez, de réaliser un bloc plus long de trotting en continu.
Le choix entre continu et fractionné dépend donc :
- De la condition physique du cheval : plus il est entraîné, plus le continu est envisageable
- De son mental : un cheval chaud ou anxieux profitera davantage du fractionné avec des pauses au pas
- Du terrain : un circuit vallonné se prête bien au fractionné (trot en montée, pas en descente), un terrain plat et régulier est plus favorable au continu
- De votre objectif : entretien, remise en forme, préparation à l’endurance, simple sortie de décrassage
Dans la pratique, il est souvent judicieux de combiner les deux au fil des semaines. Par exemple, prévoir une séance de trotting fractionné en début de semaine, avec des blocs de 5 à 6 minutes de trot, puis, une autre séance avec un bloc central de trot continu de 12 à 15 minutes. Ce mélange permet de jouer sur différents paramètres de la condition physique du cheval, tout en gardant des séances mentalement agréables pour lui.
Erreurs fréquentes et astuces de cavalier pour un trotting vraiment utile
Même avec les meilleures intentions, il est facile de faire des erreurs lors d’un trotting. Certaines réduisent simplement l’efficacité de la séance, d’autres peuvent aller jusqu’à mettre en danger la santé de votre cheval. Identifier ces pièges vous aidera à proposer un travail au trot plus cohérent, plus confortable et plus sûr.
Une première erreur courante est de partir trop vite, trop longtemps. Vouloir trotter 30 minutes dès la première sortie de printemps après un hiver calme est un classique… et une source de raideurs, voire de boiteries le lendemain. Le corps du cheval, comme celui d’un sportif humain, a besoin de progression. L’astuce consiste à raisonner en blocs de travail modestes au début (3 à 5 minutes de trot), puis à augmenter très progressivement. Un simple carnet de notes où vous consignez les minutes de trot réalisées à chaque séance vous aidera à suivre cette progression.
Une autre erreur est de ne pas respecter les signes de fatigue du cheval. Un dos qui se fige, un trot qui devient heurté, des foulées qui raccourcissent, une respiration très bruyante sont des signaux à prendre au sérieux. Dans ces cas, repassez au pas, prolongez la récupération, et acceptez de faire un trotting plus court que prévu. Mieux vaut raccourcir une séance que de pousser un cheval au-delà de ses limites, au risque de micro-traumatismes cumulés.
Le choix du trot est aussi déterminant : beaucoup de cavaliers laissent le cheval « filer » dans un trot allongé, car ils confondent vitesse et travail. Un bon trotting se fait plutôt dans un trot de travail, régulier, où le cheval engage ses postérieurs sans se précipiter. Si vous sentez que votre monture accélère parce qu’elle chauffe, utilisez votre corps pour rééquilibrer : redressez-vous légèrement, rapprochez vos mains, faites une ou deux transitions trot-pas-trot pour remettre de l’ordre, puis repartez avec un trot plus posé.
La monotonie est un autre piège. Faire toujours le même circuit, aux mêmes allures, avec les mêmes durées, finit par lasser le cheval et par limiter les progrès. Variez les parcours (en sécurité), le sens des boucles, intégrez parfois quelques transitions dans le trot (trot moyen – trot de travail – trot plus rassemblé), ou des petites montées pour stimuler la musculature de l’arrière-main. Vous pouvez aussi trotter sur des lignes légèrement sinueuses, pour travailler la souplesse latérale tout en restant dans l’esprit du trotting.
Quelques astuces pratiques peuvent rendre vos trottings plus efficaces :
- Utiliser une montre ou une application sportive pour suivre les minutes de travail et le tracé du parcours
- Découper mentalement votre séance : « échauffement – travail principal – retour au calme »
- Prévoir un ou deux repères sur le circuit (un arbre, un carrefour) pour savoir quand changer d’allure sans regarder constamment l’heure
- Travailler votre propre position : rester en équilibre souple au trot, sans tomber sur les épaules du cheval
- Alterner des sorties seul et en groupe, en veillant à ce que le rythme reste adapté au plus fragile des chevaux
Enfin, n’oubliez pas que le trotting cheval est un outil au service de l’ensemble de votre travail. Il doit s’intégrer dans une vision globale : jours de repos, séances de dressage, de saut, travail à pied. Si votre cheval a fourni un gros effort la veille (concours, séance d’obstacle intense), une sortie de décrassage avec surtout du pas et quelques minutes de trot léger peut suffire. Inversement, si votre semaine a été très technique en carrière, un bon trotting bien structuré, en extérieur, aidera votre cheval à récupérer mentalement tout en entretenant sa condition physique.
En adoptant cette approche réfléchie, en observant attentivement votre cheval et en ajustant les minutes de trot à chaque sortie, vous transformerez progressivement le trotting en un allié précieux, capable d’améliorer la forme, le bien-être et la disponibilité de votre cheval dans toutes vos disciplines de prédilection.
