Les friandises maison pour chevaux sont un excellent moyen de renforcer la relation cheval–cavalier tout en gardant un œil précis sur la qualité des ingrédients. De plus en plus de propriétaires cherchent à éviter les flocons d’avoine, soit pour des raisons de sensibilité digestive, soit pour mieux maîtriser l’apport énergétique. Cela n’empêche absolument pas d’être créatif : il est possible de préparer des gourmandises originales, appétentes et adaptées aux besoins du cheval, sans la moindre trace d’avoine.
Pourquoi imaginer des friandises sans flocons d’avoine pour son cheval ?
Les flocons d’avoine sont traditionnellement associés à l’alimentation du cheval, en particulier pour les chevaux de sport ou de travail. Cependant, ils ne conviennent pas à toutes les situations. Concevoir une recette de friandise pour chevaux sans flocon d’avoine permet de répondre à plusieurs enjeux nutritionnels et pratiques.
Limiter l’excès d’énergie chez certains chevaux
Les chevaux faciles à l’entretien, peu au travail ou sujets au surpoids n’ont pas forcément besoin d’un complément énergétique supplémentaire. L’avoine, même en petite quantité, reste une céréale relativement riche en amidon :
- Chevaux de loisir travaillant modérément
- Chevaux en convalescence avec activité réduite
- Poneys rustiques, souvent déjà ronds
Dans ces cas, mieux vaut privilégier des ingrédients plus riches en fibres et en eau (fruits, légumes, pulpes, fourrages déshydratés) pour limiter les pics d’énergie et préserver une bonne stabilité comportementale.
Réduire l’apport en amidon et protéger le système digestif
Certains chevaux tolèrent mal les excès d’amidon : tendance aux coliques, ulcères gastriques, crottins mous ou déséquilibres de la flore intestinale. Même si une friandise reste une petite quantité en comparaison de la ration, multiplier les petites sources d’amidon peut, à la longue, aggraver des fragilités digestives.
Proposer des friandises sans bords d’avoine ni céréales permet de :
- Réduire la charge globale en amidon de la journée
- Favoriser des apports en fibres et en eau bénéfiques pour la digestion
- Simplifier le régime alimentaire des chevaux à l’intestin sensible
Adapter l’alimentation des chevaux sujets aux troubles métaboliques
Les chevaux atteints de fourbure, de Cushing (PPID) ou de syndrome métabolique équin (SME) nécessitent souvent des rations limitées en sucres et amidon (NSC). Même si la friandise reste un « plus », elle doit rester cohérente avec le régime global :
- Limiter les sucres rapidement assimilables
- Préférer des aliments riches en fibres digestibles
- Éviter de récompenser systématiquement avec des céréales
Des recettes créatives sans flocons d’avoine, ajustées en quantités, peuvent donc permettre d’offrir des moments de récompense sans compromettre l’équilibre métabolique du cheval.
Points clés à connaître avant de préparer des friandises maison
Avant de découvrir 10 combinaisons d’ingrédients surprenantes, quelques rappels s’imposent pour garantir la sécurité et la pertinence des friandises maison.
Respecter le principe de la modération
Une friandise ne doit jamais représenter une part significative de la ration journalière. Quelques règles simples :
- Limiter le nombre de friandises quotidiennes (souvent 2 à 5 par séance de travail suffisent)
- Adapter la quantité à la taille du cheval (un poney obèse n’a pas les mêmes besoins qu’un grand cheval de sport)
- Compter les friandises comme un apport calorique supplémentaire, surtout chez les chevaux en surpoids
Choisir des ingrédients sûrs et adaptés au cheval
Les chevaux ne digèrent pas tout ce que l’homme consomme. Certains aliments sont à éviter, d’autres à utiliser avec parcimonie :
- Éviter : chocolat, avocats, oignons, ail en excès, aliments ultra-salés ou très gras, produits transformés pour humains
- Limiter : fruits très sucrés (banane, raisin sec, dattes) chez les chevaux sensibles au sucre
- Privilégier : fibres (foin, luzerne, pulpe de betterave non sucrée), légumes racines (carotte, panais), certaines huiles végétales, graines modérément distribuées
Adapter la texture à l’usage
Selon l’objectif, la texture de la friandise n’est pas la même :
- Entraînement au clicker ou au sol : friandises petites, faciles à mâcher, peu friables
- Récompense ponctuelle après le travail : friandises un peu plus volumineuses, parfois plus croquantes
- Enrichissement (jeux, filets à friandises) : morceaux plus consistants, qui occupent le cheval plus longtemps
Tester progressivement et observer les réactions
Comme pour tout nouvel aliment, introduire les friandises maison progressivement :
- Commencer par de très petites quantités
- Observer pendant 24 à 48 heures (digestion, comportement, appétit)
- Tenir compte des recommandations du vétérinaire ou du nutritionniste équin en cas de pathologie
Pour aller plus loin sur la base de préparation, les quantités et les étapes, vous pouvez consulter notre article spécialisé consacré aux recettes de friandises pour chevaux sans flocons d’avoine, qui détaille les grandes règles de fabrication.
10 combinaisons d’ingrédients surprenantes pour une recette de friandise pour chevaux sans flocon d’avoine
Les combinaisons suivantes sont des idées de base. Elles ne constituent pas des rations complètes, mais des pistes pour concevoir des friandises variées, à adapter selon le matériel, les ingrédients disponibles et le profil de votre cheval.
1. Carotte, pomme et foin haché : la valeur sûre revisitée
Ingrédients de base :
- Carottes râpées (apport en bêta-carotène et en fibres)
- Pomme en petits cubes ou râpée (appétence, fibres, un peu de sucre)
- Foin haché fin ou granulés de foin humidifiés (structure, fibres longues)
En mélangeant ces ingrédients avec un peu d’eau tiède, on obtient une pâte grossière permettant de former des petites boules ou des mini-bouchées pressées dans un moule. Le foin haché remplace ici le rôle de liant et d’élément fibreux que jouent souvent les flocons d’avoine.
Intérêt :
- Friandise très riche en fibres
- Profil nutritionnel proche du fourrage habituel
- Convient à la plupart des chevaux, si la quantité reste raisonnable
2. Pulpe de betterave non sucrée, graine de lin et caroube
Ingrédients de base :
- Pulpe de betterave non mélassée, réhydratée (fibres hautement digestibles)
- Graines de lin cuites ou moulues (apport en oméga-3, bonne pour le poil et la peau)
- Farine ou poudre de caroube (saveur naturellement sucrée et très appréciée des chevaux)
On laisse gonfler la pulpe de betterave dans l’eau avant d’y incorporer la graine de lin et la caroube. Le résultat est une pâte dense pouvant être pressée dans des moules et ensuite légèrement déshydratée au four à basse température.
Intérêt :
- Friandise riche en fibres et en acides gras bénéfiques
- Alternative intéressante pour les chevaux sensibles à l’avoine ou au blé
- Texture molle adaptée aux chevaux âgés (si peu déshydratée)
3. Pomme, panais et luzerne déshydratée
Ingrédients de base :
- Pomme râpée ou mixée (arôme très attractif)
- Panais râpé (saveur douce et légèrement sucrée)
- Granulés de luzerne humidifiés et légèrement émiettés
La luzerne, riche en protéines et en calcium, apporte de la consistance à cette recette. Il est possible de façonner de petits cylindres ou cubes pour des friandises à distribuer après le travail.
Intérêt :
- Friandises riches en fibres et en protéines végétales
- Recette intéressante pour les chevaux qui ont besoin de soutenir un peu leur masse musculaire (à utiliser avec parcimonie)
- Saveur originale grâce au panais, généralement bien acceptée
4. Banane, flocons de riz et graines de tournesol (sans avoine)
Ingrédients de base :
- Banane bien mûre écrasée (liant naturel et très appétent)
- Flocons de riz précuits (alternative céréalière plus douce en amidon que certaines autres)
- Petite quantité de graines de tournesol non salées (matières grasses et croquant)
En mélangeant la banane avec les flocons de riz et quelques graines, on obtient une pâte collante pouvant être façonnée en petites galettes. À utiliser avec mesure, surtout chez les chevaux sensibles au sucre, car la banane est assez riche.
Intérêt :
- Friandise énergétiques mais sans flocons d’avoine
- Utile comme récompense occasionnelle lors de séances intenses
- Texture moelleuse, facile à mâcher
5. Carotte, courgette et herbe séchée
Ingrédients de base :
- Carotte râpée
- Courgette râpée ou mixée (apport en eau, réduit la densité calorique)
- Herbe déshydratée hachée ou pellets d’herbe humidifiés
La courgette permet d’obtenir une pâte plus légère et humide, tout en diminuant la quantité de glucides par rapport à d’autres friandises très sucrées. L’herbe séchée structure l’ensemble et apporte un goût « fourrage » familier.
Intérêt :
- Friandises relativement peu caloriques (en petites quantités)
- Adaptées pour les chevaux en maintien de poids, avec une distribution contrôlée
- Recette idéale pour varier les légumes au-delà de la simple carotte
6. Poire, betterave rouge et foin compressé
Ingrédients de base :
- Poire mûre en petits morceaux ou mixée
- Betterave rouge crue finement râpée (en petite quantité)
- Foin haché ou granulés de foin humidifiés et émiettés
La betterave rouge, utilisée avec modération, colore joliment les friandises et apporte une saveur légèrement terreuse et sucrée. Mélangée à la douceur de la poire et à la base fibreuse du foin, elle donne une friandise visuellement originale.
Intérêt :
- Apport en fibres et en eau
- Friandises très attractives visuellement (pratiques pour des démonstrations pédagogiques ou des ateliers avec enfants)
- Recette à utiliser avec parcimonie chez les chevaux sensibles au sucre
7. Pulpe de carotte, son de blé et infusion de camomille
Ingrédients de base :
- Pulpe de carotte (par exemple récupération de jus de carotte pressé)
- Son de blé en petite quantité (structure et fibres, à éviter chez les chevaux intolérants)
- Infusion de camomille refroidie (un peu de liquide aromatisé pour lier)
On incorpore progressivement l’infusion à la pulpe de carotte et au son jusqu’à obtenir une pâte malléable. Cette combinaison associe l’arôme de la carotte à une note plus douce et délicate grâce à la camomille.
Intérêt :
- Permet de valoriser des « restes » de cuisine (pulpe de carotte)
- Appétence élevée grâce à la carotte
- Friandises légères si l’on reste mesuré sur la quantité de son de blé
8. Pomme, céleri branche et luzerne en brins
Ingrédients de base :
- Pomme râpée (ou mixée)
- Céleri branche finement haché (feuilles et côtes, sans filaments trop longs)
- Brins de luzerne coupés ou foin de luzerne haché
Le céleri apporte une note aromatique particulière, parfois très appréciée des chevaux qui aiment les saveurs végétales plus marquées. On peut former des petits rouleaux ou galettes en pressant le mélange dans un moule.
Intérêt :
- Friandises riches en fibres et en eau
- Saveur originale qui permet de diversifier fortement les goûts
- Utile pour stimuler la curiosité alimentaire chez certains chevaux
9. Graine de chia, pomme râpée et herbe déshydratée
Ingrédients de base :
- Graines de chia mises à gonfler dans l’eau (forment un gel visqueux)
- Pomme râpée pour l’appétence
- Herbe déshydratée ou granulés d’herbe émiettés
Les graines de chia, une fois gélifiées, servent de liant naturel et remplacent parfois les œufs dans certaines préparations. Bien que cet ingrédient soit davantage connu en alimentation humaine, il peut être utilisé en très petite quantité chez le cheval, en gardant à l’esprit son apport énergétique.
Intérêt :
- Texture légèrement « gélifiée » intéressante pour des friandises molles
- Apport en acides gras et en fibres solubles
- À réserver à un usage ponctuel, sous contrôle des quantités
10. Pulpes de fruits variés, foin et un filet d’huile végétale
Ingrédients de base :
- Pulpe de différents fruits (pomme, poire, carotte, parfois un peu de banane) issue d’un extracteur de jus
- Foin haché ou granulés de foin réhydratés
- Un mince filet d’huile végétale adaptée aux chevaux (colza, lin, par exemple)
Cette combinaison est idéale pour valoriser les résidus de jus de fruits et légumes maison. Le foin structure l’ensemble, tandis que l’huile aide à lier légèrement la pâte et apporte une brillance appétissante aux friandises une fois séchées.
Intérêt :
- Limite le gaspillage alimentaire
- Permet d’ajuster la recette en fonction des pulpes disponibles
- Apport léger en matières grasses bénéfiques, utile pour certains chevaux maigres (en respectant les doses)
Intégrer ces friandises sans flocons d’avoine dans la vie quotidienne du cheval
Les recettes proposées peuvent facilement s’insérer dans la relation quotidienne avec votre cheval, sous réserve de respecter quelques points de vigilance.
Choisir le bon moment pour distribuer les friandises
Réfléchissez au contexte dans lequel vous donnez la friandise :
- Pendant le pansage : pour renforcer l’association positive avec les soins
- Pendant une séance de travail à pied ou montée : comme récompense ponctuelle d’un exercice particulièrement bien exécuté
- Au retour au pré ou au box : pour renforcer le calme et terminer la séance sur une note agréable
Évitez en revanche de distribuer des friandises au hasard, sans cohérence, surtout chez les chevaux envahissants ou qui développent des comportements de « fouille » des poches. Dans le cadre du travail au sol ou du clicker training, les friandises doivent être strictement conditionnées à un comportement précis.
Adapter les recettes au profil de chaque cheval
Chaque combinaison peut être ajustée :
- Cheval sujet au surpoids : privilégier les recettes avec plus de légumes riches en eau (courgette, carotte en quantité modérée, céleri) et plus de foin, en limitant les fruits très sucrés
- Cheval très actif et maigre : les recettes intégrant un peu plus de matières grasses (graines de lin, huile végétale) ou des flocons de riz, toujours sans avoine, peuvent être plus adaptées
- Cheval âgé avec dents fragiles : friandises très molles ou peu déshydratées, avec une base de pulpe de betterave, de luzerne humidifiée ou de banane
Surveiller l’impact à long terme
Même si la préparation maison permet un contrôle accru, il reste essentiel de :
- Peser régulièrement votre cheval et noter les variations de poids
- Observer la qualité des crottins et le confort digestif
- Mettre à jour, si besoin, votre stratégie de friandises en concertation avec le vétérinaire ou le nutritionniste équin
Une recette de friandise pour chevaux sans flocon d’avoine doit rester un outil pédagogique et relationnel au service du bien-être du cheval, et non devenir une source cachée d’excès alimentaires. En variant les combinaisons d’ingrédients tout en respectant ces repères, le cavalier peut offrir à son cheval des récompenses à la fois savoureuses, originales et plus adaptées à ses besoins réels.
